Dans cette histoire vraie de Desmond Tutu, chargé de faire pardonner les pires atrocités commises pendant l'apartheid en Afrique du Sud, le film se tire une balle dans le pied autour d'un sujet tellement clivant et dont la réalisation allait être décevante voire juste correcte. Et bien ça été le cas, la neutralité et le manque de prise de risques de Roland Joffé (tout comme son manque d'expérience de films qualitativement bons) ont déjà fait couler ce film avant même la présentation massive envers son public. Dommage que le film s'étende sur le "jugement" des crimes liés à l'apartheid et pas vraiment du personnage de Desmond Tutu et sa legacy au sein de ce pays tourmenté entre la guerre Noirs-Blancs. Le focus sur le prisonnier Blomfield aurait pu paraître intéressant sur le papier, mais le génie absent du film ne permet pas de trouver un intérêt général à Forgiven. Pourtant la fin du film, si l'histoire ne nous est ignorée, est particulièrement touchante. Forest Whitaker, qui est un habitué des films historiques, réussit à faire ce qu'on lui demande mais apparaît bien seul, comme d'habitude.