Un film sans mise en scène est un film qui ne vit pas. Un film doit être vivant, incarné par des
acteurs, magnifié par un chef opérateur et sublimé par un compositeur. Foxcatcher est tout
ça à la fois. Foxcatcher est un orage, c’est d’abord un éclair de foudre qui illumine la salle par
la splendeur de son image et la virtuosité du cadrage. La mise en scène de Miller est hypnotisante tant elle prend aux trippes, rien ne sera lassé a l’abandon car tout doit servir a
son sujet. Il y a chez cette obsession dans son cinéma qui est l’obsession de ses gens qui ont
vécu dans leurs psychoses. C’est déjà le cas de Truman Capote qui ressuscité dans la peau
de Phillip Seymour Hoffmann qui nous montrer comment le plus mondain des génies de la
littérature Newyorkaise basculé dans la déprime et les ténèbres après sa rencontre avec un
meurtrier qu’il a aimé jusqu'à l’échafaud. C’était beau, puissant et fait de cette matière que
seul le cinéaste de génie peuvent confectionner avec des images et de la lumière. Puis est
venu une autre histoire qui le lance déjà dans le milieu du sport avec Le stratège et Brad Pitt
confronté au consumérisme qui prend possession du sport.
Dans Foxcatcher c’est l’obsession d’un vieillard richissime et œdipien qui ambitionne de bâtir sa propre équipe nationale de lutte avec pour champions les frères Chultz. Tout ceci est orchestré comme une tragédie grecque ou il n’y a pas de place pour le bonheur lorsque rien chez les protagonistes ne semble exprimer cette envie de vivre au contraire du seul personnage qui a construit sa vie et qui pour cela connait une fin tragique telle une sentence et un aboutissement pour celui qui est pris de folie, de mégalomanie et de paranoïa qu’est John E. Du Pont. Après la foudre vient le bruit du tonnerre qui ébranle toute la salle, impressionne et terrifie. Ce sont les acteurs qui composent ce tonnerre. A commencé par l’excellent Channing Tatum qui ne
cessera jamais de nous surprendre. Méconnaissable par son allure de grizzly, sa gueule de
bouledogue et son langage boursoufflé. Il marche tel un ours fier puis ratatinné par cette vie
qui lui semble terne jusqu'à sa rencontre avec John Du Pont. Tatum est un acteur exceptionnelle depuis déjà un bout de temps qui renferme un talent que le retrouve souvent chez les acteurs américain qui sont capable de tourner blockbuster et film intimiste. Avec se prestation dans Magic Mike c’est Steven Soderberg qui nous révélé un diamant brut et c’est Bennett Miller qui nous donne un diamant travaillé sans le moindre défaut. Tatumest une valeur sure, de la graine de star. Son frère est incarné a l’écran per Mark Ruffalo qui a coutume de passé de film d’auteur a film de spectacle, c’est à croire qu’il incarne Hulk sans le besoin des effets spéciaux tant il est méconnaissable avec sa barbe et ses cheveux cour. Il est un père et un mari aimant, une source de rédemption pour son frère et il se précipite dans le puits qu’est le ranch du Foxcatcher. Rien de plus à dire sur cet acteur qui n’a plus rien a prouvé.
Enfin vient le tour de Steve Carell jusque la reconu pour son talent de comédien et de potacherie avec ses amis Will Ferell ou Jim Carrey. C’est une autre personne, une
transformation, une métamorphose pour un très très grand acteur au sommet de l’art de
l’interprétation. Il est saisissant, fascinant, angoissant, terrifiant. Carell joue avec nos nerfs et
ceux des frères Chultz, un homme complexe qui cherche un moyen de dire à sa mère ce qu’il
n’est pas convenu de dire dans cette classe social privilégié de l’Amérique puritaine. Steve
Carell donne au film son souffle, sa valeur et transforme les instants glaçant et frigide en
moment de cinéma. Une démonstration de force pour un acteur sous évalué et qui résonnera pendant longtemps dans nos esprits tout comme le grand vide que laisse le Festival de Cannes de ne pas avoir consacré Steve Carell d’un prix d’interprétions avant de s’emparer d’un Oscar mérité et juste. S’il ne le remporte pas Hollywood peut aller se faire f….
Au final est un séisme cinématographique, une expérience inoubliable, sensorielle et unique
qui nous plonge dans les méandres de l’obsession, des limites imposé par le dévouement
total au sport, a l’autodestruction, aux échecs, les illusions et l’envie. Foxcatcher est un film
trop rare au cinéma américain, une perle serti de diamants. Le meilleur film de ce début
d’année et de la fin de la précédente.