Dans cette nouvelle adaptation de Frankenstein, Guillermo del Toro tente de réinventer le mythe en lui donnant une ampleur à la fois moderne et presque mythologique.
Cette approche fonctionne plutôt bien : le récit semble vouloir ériger la Créature au rang de figure tragique intemporelle. Le casting contribue aussi à cette impression, notamment grâce à Oscar Isaac et Christoph Waltz, ce dernier un peu plus en retrait qu’à l’accoutumée mais toujours impeccable. Quant à Jacob Elordi, son rôle très contraint ne lui permet pas vraiment de déployer son jeu, ce qui rend son interprétation difficile à juger.
En revanche, le film pâtit selon moi de facilités scénaristiques, particulièrement ce choix d’un récit raconté directement par les personnages, qui enlève une grande part de mystère. Visuellement, j’ai trouvé l’ensemble assez indigeste : la surabondance de CGI donne parfois un rendu “jeu vidéo”, tandis que la photographie terne m’a même rappelé les premiers Twilight. Je préfère néanmoins cette sobriété relative à la patte beaucoup plus démonstrative du Labyrinthe de Pan ou de La Forme de l’Eau.
Au final, j’en ressors partagé : c’est une relecture ambitieuse mais déséquilibrée, que je pourrais recommander avec réserve, tant l’émotion que le film suscite reste diffuse et incomplète.