Guillermo del Toro adapte ici le roman de Mary Shelley et en propose une relecture gothique, mélancolique et profondément humaine. On suit Victor Frankenstein, jeune scientifique obsédé par la mort, et la créature qu’il abandonne aussitôt, condamnée à errer dans un monde qui ne veut pas d’elle.
Le film est visuellement somptueux : chaque plan respire la patte de Del Toro, cette esthétique baroque et sensible qui transforme les monstres en êtres tragiques. J’ai été frappé par la richesse des images, les références disséminées partout, la précision des décors, la beauté presque picturale de la lumière.
C’est une adaptation fidèle à l’esprit du cinéaste, à la fois macabre et tendre, où l’horreur n’existe jamais sans compassion. La relation entre le créateur et sa créature y trouve une puissance émotionnelle. On sent l’amour de Del Toro pour ce récit, pour ses figures abîmées, pour tout ce qui refuse de rentrer dans la norme.
Une seule question demeure longtemps après le générique : pourquoi un tel film n’est pas sorti en salles ?