Un film parfaitement artificiel, creux, tout en surface, qui n'offre au spectateur que des costumes et des décors suresthésisé jusqu'à l’écœurement. Une histoire qui se voudrait sombre, mature et littéraire qui en devient edgy et ridicule.
C'est jolie, mais rien de ce que l'ont voit à l'écran n'a l'air vrai tant l'image est retravaillé à mort et l'impression "pub pour bagnole" vous saute à la tronche. Sans que je puisse réellement expliquer pourquoi ni comment, certains plans devraient entrer au panthéon du cinéma (comme la descente des escaliers de la créature au mariage) mais tombent complément à côté de l'objectif et n'ont pas l'impact escompté... C'est un exploit en soit, réussir en se ratant, faire des composition aussi somptueuses et millimétrées, tout en rendant ça faux et placé là pour flex devant les potes. En parlant de fausseté, bien des choses peinent à convaincre, que ça soit la banquise qui pue le studio intérieur, sa neige synthétique, le soleil en CGI, les fond des décors pseudo naturel retapés à 95% à l'ordinateur, les animaux (putain mais même les souris quoi), le feu, l'eau, les explosion, absolument TOUT est faux. Ça se veut poétique et gothique, mais l'aspect lisse, parfaitement clean, parfaitement éclairé, parfaitement cadré, parfaitement plastique, parfaitement parfait, nous empêche du début à la fin de croire à ce qu'on voit, de s'immerger.
On se croirait dans un parc d'attraction horrifique où même le sang et les tripes sentent la barbapapa. Oscar Isaac en scientifique fou pue la merde et surjoue pour rien (super de prendre un hispanique pour jouer un Suisse), Mia Goth essaie d'être Mercredi Adams mais n'arrive même pas à jouer son texte sans nous donner envie de bailler entre deux répliques, le pauvre Christopher Waltz n'a aucune réelle scène pour lui, et seul, bien seul, isolé même, Jacob Elordi arrive à incarner quelque chose de crédible et d'émouvant.
Personnages sans profondeur, casting foiré (sauf pour la créature), dialogues adolescents, esthétique soignée mais en carton, et une fin naiseuse... ce Frankenstein de Del Toro qui semble avoir été chapeauté en collaboration par Tim Burton reste magnifique en terme de couleur, de costume et d’accessoires, les OST sont superbes, mais se saborde lui-même en voulant en faire des caisses avec pas grand chose. Ce qui est réellement désastreux, c'est pas tant le résultat, c'est le potentiel gâché.
Bref, du Del Toro tout craché : on fait du macabre façon Disney et ont gave son film avec tellement de CGI qu'on penserai à une cinématique de 2h30 d'un nouveau jeu Ubisoft.