Quelle drôle d’idée ! Vouloir proposer une nouvelle variation parodique du célèbre mythe de Mary Shelley après le génialissime «Frankenstein Junior» de Mel Brooks est ce que l’on peut appeler, un sacré défi.
Pour le relever, Jessua va avoir la bonne (?) idée de s’approprier totalement cette fable déjà maintes et maintes fois adaptée sur grand écran, de tenter d’en faire une relecture moderne et insolite à la fois tendre, amusante et divertissante.
Mais tenter n’est pas forcément réussir et Jessua qui nous avait habitué à beaucoup mieux, va malheureusement ici, se prendre les pieds dans le tapis.
On le pensait pourtant apte à revisiter à sa manière, le mythe de l’apprenti-sorcier. Il suffit de se souvenir avec quelle justesse il avait traité dans «Traitement de Choc», la question des manipulations génétiques, de cette folie de certains scientifiques qui se croient plus forts que la nature.
Incapable de se jouer de l’énorme poids des personnages de Mary Shelley, il est ici complètement dépassé et tombe trop vite dans la gaudriole la plus poussive et grossière qui soit. Les gags sont ratés, le script bourré d’incohérences hallucinantes (la dernière partie semble même improvisée)... Bref, on est pas loin du bon vieux nanar à la française.
Même les acteurs semblent regretter de s’être embarqué dans une telle aventure. Jean Rochefort apathique est bien peu crédible en docteur Frankenstein du pauvre, Eddy Mitchell compose quant à lui avec difficulté, une créature ridicule et pataude. Que dire de Fiona Gelin et Herma Vos qui jouent comme un pied...
Dommage car en y regardant de plus près, le film recèle tout de même quelques bonnes intentions malheureusement peu ou pas exploitées : la créature au coeur tendre en quête de reconnaissance et d’amour, la question du lourd héritage de Rochefort ou les clins d’oeil à Boris Karloff.
Indigne du talent de Jessua, ce «Frankenstein 90» est à oublier définitivement.