La première personne est passionnée, et cette passion est authentique. La forme dans laquelle elle est présentée semble toutefois légèrement indirecte.
La lettre d’amour / anthologie (parfois très) amusante à Oakland, Californie, signée par les réalisateurs de Captain Marvel Anna Boden et Ryan Fleck, n’ajoute pas assez de son propre esprit unique pour être à la hauteur de ses influences. On peut couper-coller toutes ses obsessions adolescentes dans un immense collage (et recruter Pedro Pascal et Ben Mendelsohn pour participer à cette folie), mais cela ne veut pas dire que cela deviendra plus qu’un fourre-tout brouillon et sans consistance de ses choses préférées.
Porté par un esprit révolutionnaire, Freaky Tales est un pastiche fringant et frénétique qui n’a pas toujours de sens. Pourtant, les images ont de la matière, et les cinéastes (dont la dernière collaboration remonte à Captain Marvel en 2019) montrent une réelle affection pour le décor de leur film. C’est entraînant, et un peu trop léger.
Au final, Freaky Tales fonctionne si on ne l’examine pas de trop près. On passe un bon moment, et certaines des scènes les plus extrêmes vous feront oublier les trous du scénario ou les incohérences. Freaky Tales ne dépasse jamais vraiment la somme de ses parties mais ces parties, inégales, restent toujours pleines d’énergie et divertissantes.