Avant d’entamer une carrière au poste de réalisateur, David Ayer était surtout connu pour avoir signé le scénario de Training Day. L’univers préféré du scénariste : les ambiances urbaines.
Avec ses réalisations comme Au Bout de la Nuit et End of Watch – deux réussites – on aurait pu imaginer David Ayer comme le pendant cinématographique de James Ellroy. Malheureusement, le réalisateur déçoit avec Sabotage. Heureusement pour lui, la même année, il sort Fury. Et on voit clairement qu’il était beaucoup plus inspiré sur ce dernier que sur tous les films traitant de sa thématique de prédilection.
Fury est un poème carnassier. Un monument barbare fait de boue, de crasse, de sang et de rouille. Une ode à la guerre qui ne se laisse pas impressionner par les discours mi-figue, mi-raisin que l’on retrouve généralement dans les films de guerre.
Le sujet est simple. Le sergent Don Collier, surnommé Wardaddy, commande un Tank M4 Sherman et son équipage de 5 soldats. Telle une forteresse surarmée, le Tank a pour mission d’infiltrer les lignes ennemies dans la campagne allemande de 45. A partir de cette intrigue minimaliste, David Ayer en profite pour créer un véritable concept rarement exploité au cinéma. On connaissait les films de sous-marins, les films sur les pilotes de chasse. Il faudra aujourd’hui ajouter le film de Tank. C’est tout simplement impressionnant et sous l’œil du cinéaste Ayer, il transforme l’essai en véritable pellicule cathartique. Aucune pitié, aucun remord, juste la destruction et si possible chirurgicale.
Dans Fury, les corps sont tous sales et écorchés. Les visages comme la terre noire possèdent des cicatrices faites au fer incandescent de la guerre. Et lorsque le générique de fin se déroule, il y a comme une odeur de chair carbonisée qui imprègne l’âme du spectateur. C’est cela Fury. Une maitrise formelle que n’a d’égale que la volonté pyromane de son auteur.
Fury n’a rien à voir avec un film sur la guerre. Fury est un film guerrier.
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