La comédie semble tout de même au creux de la vague. Ou est ce un biais ? Ce serait le spectateur qui serait usé, au creux de sa vieillesse. Après tout ce genre à depuis toujours charrié ses grosses casseroles (les Charlots hier pour Kev Adams et Christian clavier aujourd'hui). Lui valant un dédain bien trop vite diagnostiqué comme atavique chez les snobes critiques, certes accrochées à leur Charlot et leur Lubitsh, mais sachant tout de même trouver quelques grâces à certains contemporains (parfois avec un temps de retard notons le: il conviendrait de bouder d'abord son plaisir, de ne pas prendre le risque de montrer hâtivement une faiblesse pour ces pitreries).

Il semble tout de même que depuis une dizaine d'années, l'irruption d'une comédie indiscutablement efficace réunissant public et critique (dans une certaine mesure....) relève de l'évènement (aux Bacri-Jaoui auront succédé les Tolenados, mais dans un registre comique moins frontal, celui de la comédie matinée de social). Pour hypothèse, le syphonage des talents comiques vers d'autres formats moins contraignant en terme de production et plus rémunérateurs sur la durée (séries sur plateformes, chaine propre ou stand-up). Il est clair que produire un long, c'est un chemin laborieux, chaque fois à reconduire.

On est donc gré à monsieur Eboué, un des quelques derniers bons élèves, de reconduire cet effort régulièrement. Pour cet opus, pour des raisons artistiques, l'élève renonce un peu au cinéma pour un dispositif plus léger, celui de la caméra témoin. On lui pardonne, cela se tient : on singe l'univers de l'iconique émission Striptease, la "tendresse" en filigrane pour ces personnages en moins. Car on retrouve l'écriture du bonhomme, qui derrière sa feinte bonhommie, joue avec les limites et dézingue les veules, les cons et les poseurs. Si le film ne fera malheureusement pas empreinte, pas de scène amenée à rentrer au répertoire, ce serait mentir d'écrire que sur la longueur on aura pas à fréquence assez régulière honnêtement ri. On saluera aussi le sujet original (pas un film photocopié: un effort a été fait. Pas un détail de nos jours). Pas de douleur aux cotes, mais les zygomatiques suffisamment éprouvés pour qu'au générique on quitte la salle dans de bonnes dispositions

HAL1
6
Écrit par

Créée

le 3 déc. 2025

Critique lue 1.2K fois

Gérald le Conquérant

Gérald le Conquérant

6

HAL1

le 3 déc. 2025

Suivre

Plus que rien

La comédie semble tout de même au creux de la vague. Ou est ce un biais ? Ce serait le spectateur qui serait usé, au creux de sa vieillesse. Après tout ce genre à depuis toujours charrié ses grosses...

Gérald le Conquérant

Gérald le Conquérant

7

Indiana-Marcel

le 3 déc. 2025

Suivre

Gérald, le con errant

Je n'en attendais pas grand-chose et c'est une bonne surprise ! Je vais essayer de ne pas m'étaler et d'aller droit au but : il y a deux grands points forts et deux points faibles. Commençons par...

Gérald le Conquérant

Gérald le Conquérant

8

Youss2Couette

le 5 déc. 2025

Suivre
Dernière modification

le 6 déc. 2025

Plaisir coupable

Avec Fabrice Eboué, ça passe ou ça casse.Là, c'est passé, et pas qu'un peu.Je souriais timidement au début, puis, une fois embarqué dans cette aventure absurde, j'ai ri franchement, et dans le...

Des vivants

Des vivants

8

HAL1

le 29 oct. 2025

Suivre

Merci le service public

Qui d'autres que De Lestrade et Lacomblez, grands serviteurs du service public, tauliers de la fiction Monstre, pour embrasser ce sujet ? Marque de fabrique, cette qualité d'écriture déjà largement...

L'Étranger

L'Étranger

5

HAL1

le 20 oct. 2025

Suivre

Le plutôt bien connu

Reconnaissons à Ozon une certaine audace: s'atteler à l'adaptation de ce monument singulier de la littérature, c'est clairement mettre sa ceinture de champion d'un cinéma qui réunit critique et...

Frankenstein

Frankenstein

5

HAL1

le 20 oct. 2025

Suivre

Par ici le déluge

Guillermo n'est pas un homme de mesure. Des trois Mexicains flamboyant, il est aussi celui qui après un démarrage plutôt engageant, alternance d'oeuvres B sexy et productions heureuses plus...