Get out est un sacré bon petit film de genre qu'on peut voir comme une métaphore de l'esclavage, mais surtout, de l'instrumentalisation des populations afro-américaines pour le bénéfice d'une société bourgeoise libérale dont il dénonce l'hypocrisie. Les méchants ne sont pas d'horribles nazis rednecks, ou votant Trump mais des libéraux démocrates; des gens dont on pourrait dire qu'ils sont du bon coté de l’Amérique...


Si Get Out n’était que cela, et ce malgré les symboles malins distillés à longueur de film, celui-ci tournerait plutôt court. Mais Jordan Peele parvient parfaitement à imbriquer de belles scènes de tension, une direction d’acteurs impeccable, et un humour corrosif du meilleur cru.


Les deux premiers tiers du film jouent parfaitement sur une ambiance inquiétante qui se construit peu à peu, et sur le malaise grandissant du personnage principal, incarné de main de maitre par l'excellent Daniel Kaluuya que vous aviez peut-être déjà vu dans le non moins excellent épisode de la première saison de Black Mirror intitulé 15 milions mérits. Le reste du casting est également à la hauteur de la prestation de son personnage principal.
La conclusion du film est peut-être un peu décevante par rapport à ses prémisses, mais reste malgré tout suffisamment provocatrice (et un brin grand guignolesque) pour faire passer sa petite faiblesse.


Get Out n'a donc pas usurpé sa réputation, et ça fait plaisir de voir un réalisateur travailler dans le domaine en n'oubliant pas de mettre un sous-texte politique et résolument provocateur dans son travail, suivant les pas de réalisateurs tels que Verhoeven, Craven, Carpenter, Romero, Hooper, et tant d'autres avant lui.


Une jolie petite réussite dans un domaine qui m'est cher, et qui laisse malheureusement trop souvent la part belle aux effets faciles plutôt que de se concentrer sur l'essentiel. Une erreur que ne commet pas Jordan Peele qui mérite une chaleureuse accolade pour son travail, à défaut d'acclamations qui me semblent un peu trop dithyrambiques pour ne pas relever de l'hypocrisie que le film s'amuse justement à dénoncer.

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le 21 mai 2017

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Samu-L

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