Avec Ghost Dog, Jim Jarmusch nous entraine dans une histoire prétexte à une galerie de personnages représentatifs de la fin d'une époque, de la fin d'un certain "rapport avec le monde".
Monumental dans le rôle de Ghost Dog, Forest Whitaker impressionne par sa présence physique, son aura devant la caméra.
Ghost Dog, c'est l'histoire d'un tueur professionnel qui s'est imposé le code d'honneur des samouraïs, tel que codifié dans le Bushido. Étant redevable à un mafieux, il se considère comme son vassal et remplit tous les contrats qui lui sont adressés.
Le reste du temps, il discute avec "son meilleur ami" qui ne parle pas un mot d'anglais, étudie inlassablement le Bushido, s'occupe de ses pigeons voyageurs, médite sur le toit de l'immeuble sur lequel il habite.
Le film commence avec un contrat qui tourne mal. Les commanditaires veulent sa tête, Ghost Dog est confronté à situation inextricable, faire face à celui à qui il a juré fidélité.
Ce qui est passionnant dans ce film, c'est la confrontation des personnages avec le monde qui les entoure : les mafieux sont "ridicules" par leur archaïsme, déphasés, Ghost Dog s'applique un code moral qui n'intéresse que lui, l'empêchant d'avoir une relation normale avec ceux qui l'entourent, le vendeur de glace rayonne sans être pourtant capable de la moindre discussion...
Le rapport au monde de Ghost Dog est altéré. Quelques scènes sont le point d'orgue de cet état de fait : Les chasseurs tuant un ours, le bateau construit sur le toit d'un immeuble, la fidélité envers et contre tout à son "suzerain", mafieux empêtré dans sa propre bande.
Ghost Dog au final, c'est un film qui, sous un verni de thématique mafieuse, nous raconte surtout la fin d'une époque, la fin d'un rapport à l'autre basé sur le respect, l'honneur, l'estime, la notion de réciprocité, positive ou négative.
A voir absolument.