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le 8 oct. 2025
SuivreL’aboiement des ténèbres
Il est un temps où la nuit ne se contente plus d’envelopper : elle écoute. Good Boy s’installe d’emblée dans ce temps : la projection devient veillée où la chair du monde vibre sous la truffe...
Lassie contre les forces du mal
Bon, imagine Marley et moi, mais version cauchemar sous kétamine. Good Boy te raconte l’histoire d’un clebs loyal qui protège son maître d’esprits malfaisants dans une baraque hantée. Dit comme ça, t’as l’impression de mater un spin-off animalier de Conjuring produit par Pedigree. Sauf que non : c’est bien plus perché. Le film adopte le point de vue du chien. Caméra à hauteur de truffe, bruits amplifiés, regards flippants… On vit l’horreur à quatre pattes. Et bordel, ça marche. C’est original, c’est dérangeant, et surtout, ça te file envie de caresser ton propre clébard en murmurant “merci de ne pas voir les fantômes, toi”.
Un film tourné comme si Cujo avait fait une école d’art
Ben Leonberg, le réalisateur, s’est dit : “Et si je foutais Kubrick dans un chenil ?” Résultat : le film est propre, cadré, millimétré, avec des plans qui sentent la sueur et la croquette. L’ambiance est poisseuse, oppressante, pleine de bruits de couloir et de portes qui grincent comme un vieux porno VHS. Le chien, lui, joue mieux que 80 % des acteurs de Netflix. Ses mimiques, ses hésitations, sa peur, tout est crédible. On dirait un croisement entre Scooby-Doo en dépression et John Wick en version canine.
L’horreur vue à hauteur de babines
L’idée de suivre le film du point de vue du chien, c’est pas juste un gadget : c’est un vrai parti pris. On redécouvre la maison hantée autrement, avec des sons étouffés, des angles bizarres et des ombres qu’on devine plus qu’on ne voit. C’est malin, parce que ça joue sur un instinct animal : la peur du mouvement, du souffle, de la présence. Là où la plupart des films d’horreur te foutent un jumpscare toutes les 30 secondes, Good Boy te dresse les poils rien qu’en te montrant une gamelle vide.
Derrière la niche, une vraie réflexion sur la loyauté
Faut pas croire, y’a de la symbolique là-dedans. Le chien représente la fidélité absolue, l’amour inconditionnel — tout ce que les humains ont perdu. Pendant que son maître crache ses poumons et que des spectres squattent le salon, le toutou, lui, reste droit dans ses pattes. C’est pas un film de maison hantée, c’est une parabole sur la loyauté, la douleur et la peur. Oui, ça sonne pompeux dit comme ça, mais quand t’as les larmes aux yeux parce que Médor grogne dans le noir, tu comprends que t’as mordu à l’hameçon.
Un film court, mais qui te rentre dans le crâne comme une tique
1h13, pas une minute de trop. C’est nerveux, sec, tendu. Pas de blabla, pas de sous-intrigue à la con avec des prêtres débiles ou des ados en chaleur. Juste un chien, une maison, et le Mal. Et franchement, ça suffit. Le film ne révolutionne pas le genre, mais il apporte une petite bouffée d’air (et de poils) dans un cinéma d’horreur souvent stérile. Et surtout, il prouve qu’on peut te foutre la trouille sans un budget Marvel, juste avec un bon toutou et une mise en scène intelligente.
Conclusion : un os bien mâché, mais toujours savoureux
Good Boy, c’est Cujo qui aurait lu Nietzsche. Un film modeste mais couillu, qui préfère la tension au gore et la suggestion à la surenchère. Tu ressors du cinéma avec le cœur serré, le poil hérissé, et une seule envie : adopter un chien et foutre une médaille “Exorciste du mois” sur son collier. Un film canin, viscéral et sincère, qui prouve qu’on n’a pas besoin d’un démon qui crie en latin pour flipper. Parfois, il suffit d’un aboiement dans le noir.
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Créée
le 11 oct. 2025
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7
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