Le millionnaire Cecil Fox décide de jouer un bon tour à 3 anciennes maîtresses. Il se fait passer pour mourant, afin qu'elles reviennent ramper devant lui pour espérer hériter de sa fortune. Evidemment, tout ne se passera pas comme prévu...
Sorte de comédie qui vire au policier, "The Honey Pot" bénéficie en premier lieu d'un excellent scénario. Qui parvient à bien équilibrer humour et intrigue, et propose d'excellents dialogues piquants à souhait. Avec en prime un récit à rebondissements en quasi huis-clos, on pense souvent à "Sleuth", le dernier film de Joseph L. Mankiewicz. Si je devais pinailler, je dirai juste que certaines révélations sont facilement devinables par le public (en tout cas, le public moderne rompu aux films policiers). Alors que les personnages semblent mettre du temps à les comprendre.
Sur la mise en scène, c'est très propre. Mais il y a surtout un vrai cachet apporté par les vrais décors de Venise.
Néanmoins, après le scénario, l'autre grand attrait réside dans les acteurs. Rex Harrison s'amuse en grand farceur lubrique, qui suscite beaucoup de malice. Cliff Robertson est un excellent choix pour incarner ce secrétaire à l'apparence trouble : est-il intègre ou cache-t-il son propre jeu ? Adolfo Celi, habitué aux personnages sinistres, hérite pour une fois d'un rôle bonhomme et bienveillant, jouant le policier amusé !
Chez les dames, celle qui ressort nettement n'est pas l'une des trois amantes, mais Maggie Smith. Que je découvre enfin jeune... mais qui joue toujours la domestique ! Elle a beau être créditée en dernière, c'est en réalité son personnage qui sera au coeur du récit.
"The Honey Pot" est donc une comédie policière malicieuse, qui n'a rien perdu de son piquant.