On ne peut s'empêcher en voyant Hantise de George Cukor de penser à Hitchcock tant on retrouve ce même art consommé du suspense.
Ingrid Bergman, toute jeune dans ce film de 1944, se révèle déjà remarquable dans le personnage de Paula, jeune femme vulnérable fragilisée par le meurtre de sa tante survenu quand elle était adolescente.
Lui, c'est Charles Boyer, le pianiste artiste et plein de charme Gregory Anton qu'elle a épousé par amour, et dans lequel elle ne reconnaît plus l'homme retors, machiavélique et manipulateur qui partage désormais sa vie, se livrant à des agissements qui font douter la jeune femme de sa bonne santé mentale.
Mais dans les films de cette époque, il est rare de ne pas trouver un sauveur, une belle âme, le chevalier blanc incarné par Joseph Cotten en inspecteur de police loyal, d'autant plus tenace qu'il est amoureux, le seul à pouvoir libérer la douce Paula de sa hantise.
Un beau film en noir et blanc dans des éclairages très travaillés sur des images inquiétantes noyées dans les brumes de l'angoisse.