1
le 23 mai 2026
SuivreVide publicitaire
Ça ne sert à rien de s'enerver : le film ne demande que ça. Il éprouve volontairement la patience du spectateur à force d'étirement de séquences absconces. Dans un monde de fantaisie sans...
25 minutes, c'est le temps que Nicolas Winding Refn a passé dans un état de mort médicale, suite à un malaise cardiaque violent. C'est un miraculé qui nous parle donc, au Festival de Deauville, de son expérience qui l'a changé à jamais : on connaissait le Refn bougon, taiseux et sûr de lui, il en est ressorti plus sensible, gentiment maladroit, et touchant. A l'image de son Her Private Hell, tiré directement de cet intervalle temporaire où "il n'était plus", soit un chaos à l'écran, incompréhensible et qui casse les yeux et les oreilles en deux, mais qu'on n'arrive pas à détester grâce à sa bonne gueule de tableau de Bosch version cyberpunk (on ne pensait pas voir ça un jour). On suit donc Sophie Thatcher dans un futur apocalyptique qui assiste à un meurtre d'une autre femme dans l'immeuble voisin par un monstre BDSM vêtu tout de cuir serré et grinçant. S'ensuit une errance dans ce Purgatoire claustrophobe (la fumée empêche de sortir, mais aussi d'y voir à l'extérieur), où l'on suit indépendamment l'intrigue de cette jeune fille et d'un autre personnage mystérieux joué par Charles Melton (le gars qui n'a - encore - aucune expression faciale... Quoique, dans ce contexte, on comprend qu'il ne soit pas jouasse) qui cherche sa fille. Il se fracasse avec des ninjas (parce que "pourquoi pas"), fricote avec la gente féminine (il enquête vachement en profondeur, le Papounet) et se met lui aussi en tête de faire la peau (de latex) à ce monstre pervers... Une fois de plus, on ne comprend rien à ses intentions, on oublie la majorité du film qu'il était là pour chercher sa fille, mais on peut aussi le voir comme un effet de ce monde infernal, qui fait oublier jusqu'à son propre but, qui n'existe que pour nous affliger de tous les vices, nous fait pourchasser par une sale bête dans des endroits stressants (satanés néons qui nous en mettent plein les rétines) et exigus... Oui, tout est dans le titre, Refn nous livre une vision aussi bordélique que fascinante de l'Enfer, une crainte existentielle qui déborde de métaphores à chaque plan. Dans notre fauteuil, on assiste à un enchaînement de scènes aussi crades (une femme qui
mange une culotte souillée par du sperme
) que poétiques (cet
escalier illuminé qui pourrait être le Salut, la porte de sortie de cet univers infernal
), en fonction de l'évolution des personnages. Alors oui, on ne va pas vous dire que le visionnage de ce film est une partie de plaisir, au contraire il est épuisant, difficile (impossible ?) à comprendre si l'on n'est pas dans la tête chamboulée de Refn (on ne fait qu'avancer des théories, mais concrètement tout le monde aura raison en décryptant un univers aussi vaste et référencé), et assez irritant pour les yeux et les oreilles. Les effets numériques sont mauvais (l'ouverture fait penser au récent Mégalopolis, avec ses bâtiments en numérique baveux), Charles Melton tire la tronche en continu, et seule Sophie Thatcher livre une performance à la hauteur des agissements dérangeants de son personnage, les seconds rôles étant tous en surjeu total, ce qui participe à la pénibilité de l'univers du film (ils se soûlent entre eux), mais aussi du visionnage "réel". C’est une expérience dont on revient aussi aveugle (et sourd) que touché par sa sincérité. C’est un chouette nanar, un film malade et bien intentionné qui mérite son câlin après s’être fait dégommer (injustement) à Cannes. Oui, dans cet Enfer, on assume d'être L'Avocat du Diable.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Nanars...vous avez dit Nanars ? (et bis / WTF / nazisploitation, etc...) et Deauville 2026
Créée
le 21 sept. 2026
Critique lue 14 fois
1
le 23 mai 2026
SuivreÇa ne sert à rien de s'enerver : le film ne demande que ça. Il éprouve volontairement la patience du spectateur à force d'étirement de séquences absconces. Dans un monde de fantaisie sans...
5
le 24 mai 2026
SuivreOn a beau avoir l’habitude, il est toujours difficile de se faire à cette manie très moderne de vouloir décider du sort d’un film dès sa première présentation, notamment au festival de Cannes. Comme...
5
le 25 mai 2026
SuivreCe nouveau film de Nicolas Winding Refn est voué à un curieux destin. Après les projections cannoises, il ressortait de l’opinion générale, voire unanime, que Her Private Hell était le nanar ultime...
9
le 29 mai 2022
SuivreLukas Dhont a vraiment l'art de choisir ses vedettes principales, on l'avait remarqué avec Girl (dont Victor Polster était l'âme pure), et ce Close nous le confirme avec ce jeune Eden Dambrine qui...
9
le 28 mai 2024
SuivreOn sortait de plusieurs drames "qualitatifs mais pompeux" (on va le dire poliment) dans ce Festival de Cannes 2024, alors quand vous vous asseyez en bout de rangée (Team Last Minutes), et que le papy...
7
le 29 juil. 2021
SuivreUn Wes Anderson qui reste égal à l'inventivité folle, au casting hallucinatoire et à l'esthétique (comme toujours) brillante de son auteur, mais qui, on l'avoue, restera certainement mineur dans sa...