Hercule
6.6
Hercule

Long-métrage d'animation de Ron Clements et John Musker (1997)

Un classique sauvé des Enfers par son méchant

  • Sorti en 1997, l'Hercule des studios Disney demeure pour moi une œuvre singulière du second Âge d'or de l'animation, tentant le pari audacieux de fusionner la mythologie grecque avec l'esthétique pop des années 90. Pourtant, il ne m'a pas laissé un grand souvenir. Quand je pense à ce film, je pense carrément au méchant. Ayant été bercé par d'autres classiques extraordinaires comme Le Roi Lion, Aladdin, La Belle et la Bête, ou plus tard Tarzan, et Dinosaure, Hercule n'a jamais été ce Disney que j'ai regardé en boucle. C'est un disney que j'ai dû voir deux ou trois fois à tout casser, et cette récente relecture pour en faire une critique précise m'a confirmé que je n'accroche toujours pas.
  • ​Sur le plan de la mise en scène et de la direction artistique, je dois reconnaître que le long-métrage impressionne par son parti pris graphique inédit. Sous l'impulsion du dessinateur Gerald Scarfe, l'animation abandonne la douceur classique de Disney au profit de lignes acérées, de formes angulaires et de caricatures expressives. J'admire la façon dont la mise en scène enchaîne les mouvements amples et exploite avec fluidité la 3D naissante, notamment lors du combat mémorable contre l'Hydre de Lerne. Ce dynamisme visuel est porté par une narration originale via le chœur des Muses rythmé par le gospel, insufflant un souffle résolument moderne à la tragédie grecque.
  • ​Le véritable coup de maître du film, et la raison principale pour laquelle j'ai plaisir à le revoir, réside dans le personnage d'Hadès. Le dieu des Enfers s'impose comme l'un de mes méchants préférés du répertoire de la firme. Sa gestuelle survoltée, ses répliques cinglantes et surtout le travail fantastique sur sa palette chromatique, dont les flammes passent d'un bleu glacial à un rouge incandescent dès qu'il perd son sang-froid, m'apportent une jubilation constante. Honnêtement, j'adore ce personnage : il vole la vedette à chaque apparition.
  • ​En revanche, mon blocage vient irrémédiablement du protagoniste. Hercule peine à me convaincre et s'avère bien trop lisse à mes yeux pour porter le récit. J'ai toujours eu du mal avec ce personnage dont le parcours d'apprentissage classique manque de nuance, et dont la candeur naïve le rend difficilement attachant sur la durée. Face au magnétisme d'Hadès ou au cynisme touchant de Megara, je le trouve désespérément fade, ce qui affablit l'enjeu dramatique de sa quête.
  • ​Face aux chefs-d'œuvre de ma jeunesse, ce titre prouve simplement que l'on n'accroche pas à tous les Disney. Malgré une animation inventive, un rythme soutenu et un antagoniste absolument génial, Hercule reste freiné par la tiédeur de son héros. Je lui attribue donc la note de 6/10, un résultat presque entièrement sauvé par le génie visuel et comique d'Hadès.
DirtyVal
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