Spike Lee revient avec Highest 2 Lowest et signe une œuvre qui ne laissera personne indifférent. Pourtant, malgré quelques éclairs de génie, le résultat est bien en dessous de ce que l’on pouvait espérer. Tout n’est pas à jeter, loin de là : Jeffrey Wright est absolument phénoménal, et Denzel Washington, fidèle à lui-même, brille dans chacune de ses apparitions. Leur présence suffit à donner du poids à l’ensemble. La mise en scène, précise et nerveuse, démontre encore une fois que Spike Lee sait tenir sa caméra, et la bande-son, même si elle n’est pas marquante, reste efficace pour accompagner le récit.
Malheureusement, l’intrigue s’avère inégale, brouillonne et parfois trop déconnectée du réalisme attendu. Les dialogues, souvent plats, manquent de profondeur et n’exploitent pas le potentiel des personnages. ASAP Rocky, quant à lui, n’est pas aidé par une direction d’acteurs qui le laisse trop en retrait et peine à convaincre. On ressort donc partagé : l’ambition est là, l’énergie de Lee aussi, mais la cohérence du récit fait défaut. Highest 2 Lowest reste une œuvre imparfaite qui confirme le statut du cinéaste, mais qui laisse une sensation de rendez-vous manqué.