Hokum
6.2
Hokum

Film de Damian McCarthy (2025)

Avec Oddity, Damian McCarthy avait réussi à prouver sa capacité à créer de la tension avec des moyens limités, en faisant usage de ce qu’il avait à disposition de manière intelligente et efficiente. J’étais donc curieux de me lancer dans Hokum, dont le budget est certes toujours rachitique, mais déjà plus généreux (on passe de 1,5m$ à 5m$). Suffisamment pour se payer Adam Scott en vedette, en pleine hype Severance.


Le constat est ici le même: avec un dispositif extrêmement simple d’hôtel hanté, le cinéaste irlandais parvient à se montrer d’une efficacité redoutable. Pourtant, rien dans la thématique principale (deuil et culpabilité) n’est vraiment original. Rien dans le déroulé du récit n’apporte quoi que ce soit qui ne soit pas attendu, quand ce n’est pas simplement beaucoup trop démonstratif. Pire encore, on regrette que le folklore de l’Île d'Émeraude ne soit pas plus exploité, tout comme on peut déplorer une certaine facticité dans la résolution de l’enquête qui prétexte l’horreur.


Sauf qu’en termes de sensations pures, Hokum m’a filé de sacrées sueurs froides. Littéralement. Pourtant, quiconque a un peu traîné sur mon profil se rendra bien compte que j’écume le genre horrifique en long et en large depuis mon adolescence, tant et si bien que je peine à y trouver quelconque satisfaction dans les frissons de la chair, la terreur s'immisçant le plus souvent par les méandres psychologiques ou une montée en tension savamment orchestrée par quelques réalisateurs sadiques. Très rarement sont-ce les images pures qui m’effraient.


Mais Hokum, avec sa science du rythme et l’appropriation spatiale qu’il nous offre de cette chambre verrouillée, m’a glacé. Et ce malgré quelques jump scares putassiers ou la prévisibilité de son action. Par un simple travail de mise en scène qui est parvenu à sublimer une conception extrêmement basique de l’horreur.


Rien que cela me pousse à le recommander et à passer outre ses déficiences d’écriture, car c’est avant tout un retour aux origines spectaculaires, foraines, du cinéma que nous renvoie McCarthy. De là à dire qu’il s’agit de la meilleure horreur hôtelière depuis Shining, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.


Créée

le 23 juin 2026

Critique lue 4 fois

Frakkazak

Écrit par

Critique lue 4 fois

1

D'autres avis sur Hokum

Hokum

Hokum

7

Eric-Jubilado

6905 critiques

« Foutaises » et merveilles !

Appeler son film « Foutaises ! » (ou « Balivernes » si on veut être poli) – ce que signifie « Hokum » en argot anglais – est un joli geste d’autodépréciation de la part de Damian McCarthy, auteur...

le 1 mai 2026

Hokum

Hokum

7

Shawn777

2831 critiques

Honeymoon suite

Avec son affiche française bien racoleuse, tellement que même un film de Conjuring-verse n'oserait pas se permettre, ce film réalisé par Damien McCarthy avait de quoi faire flipper mais pas vraiment...

le 18 avr. 2026

Hokum

Hokum

2

RENGER

4789 critiques

Une énième histoire de maison hantée (...) d’un ennui mortel.

Un romancier se retire dans une auberge perdue au fin fond de l’Irlande pour y disperser les cendres de ses parents. Sur place, une sorcière hante la suite nuptiale avant de venir hanter son...

le 4 mai 2026

Du même critique

Hollow Knight

Hollow Knight

10

Frakkazak

877 critiques

Waky Hollow : La légende du scarabée sans âme

J'avais commencé une partie en début d'année, et avait lâché l'affaire par frustration, ayant perdu tous mes geos dans une zone que je trouvais imbuvable (Soul Sanctum) après 3-4h de jeu. Mais devant...

le 15 oct. 2019

Captain America: Brave New World

Captain America: Brave New World

2

Frakkazak

877 critiques

Mou, Moche et Puant

Il était couru d’avance que Brave New World serait une daube. De par la superhero fatigue qu’a instauré la firme de Mickey par l’amoncellement de produits formaté sur les dix-sept dernières années...

le 10 mars 2025

Assassin's Creed: Mirage

Assassin's Creed: Mirage

4

Frakkazak

877 critiques

Mi-rage, mi-désespoir, pleine vieillesse et ennui

Alors qu’à chaque nouvelle itération de la formule qui trône comme l’une des plus rentables pour la firme française depuis déjà quinze ans (c’est même rappelé en lançant le jeu, Ubisoft se la jouant...

le 10 oct. 2023