L'affiche me faisait de l'oeil et il n'en faut pas plus pour m'intéressé à un film d'horreur. J'adore ça et je voulais croire qu'Adam Scott a fait le choix de participer à un film de genre de qualité.
Alors premier chose à dire...
Adam Scott est un excellent acteur ! Connu pour ses rôles plus comiques ou énigmatiques dans Severance, il incarne ici Ohm Bauman, un auteur cynique, amer et profondément antipathique. Il porte une grande partie du poids émotionnel du film et parvient, paradoxalement, à rendre fascinant ce personnage misanthrope, qui rappelle certains écrivains torturés de Stephen King.
Derrière son histoire de fantômes, Hokum explore intelligemment le regret, la culpabilité liée à l’enfance d’Ohm et la dépression, donnant ainsi à son horreur un solide ancrage thématique.
Le film trouve également un équilibre plutôt efficace entre l’humour noir de ses débuts et l’horreur psychologique vers laquelle il bascule progressivement. En revanche, il passe tout de même assez brutalement d’un sous-genre à un autre. On commence presque devant une comédie dramatique centrée sur cet écrivain alcoolique, avant de basculer dans un film de maison hantée, puis dans un polar autour de la disparition de Fiona, pour finalement terminer sur un huis clos haletant. J’ai bien aimé cette évolution, mais on ressort du film sans être tout à fait certain de ce que l’on vient de regarder.
Sur la partie horrifique, en revanche, j’ai vraiment adoré !
Il y a notamment un véritable bon travail sur le son, avec de très belles ambiances, parfois sourdes, parfois beaucoup plus agressives. J’adore lorsque l’horreur tente de rester subtile. Le petit quelque chose que l’on distingue à peine au fond, dans l’obscurité, peut sembler être un procédé assez simple, mais ce n’est pas si évident à mettre en scène. Ici, le film en propose de très beaux exemples.
Le tout est porté par une atmosphère oppressante et une direction artistique particulièrement soignée. Le huis clos au dans un hôtel irlandais complètement isolé, installe une authentique sensation de claustrophobie. Certains éléments très précis du décor, comme la chambre nuptiale condamnée, son lit blanc à baldaquin ou encore le monte-charge, sont remarquablement exploités pour créer un sentiment d’enfermement terrifiant.
Plutôt que d’abuser des jump scares gratuits, le film prend le temps d’installer une angoisse psychologique lente. La réalisation maintient régulièrement la caméra au niveau du point de vue d’Ohm, ce qui nous oblige à scruter l’obscurité avec lui. Lorsque la tension finit par être relâchée, l’horreur devient alors beaucoup plus viscérale.
En revanche, l’enquête policière et les éléments surnaturels liés à la Cailleach, cette sorcière issue du folklore irlandais, progressent parfois en parallèle sans jamais véritablement fusionner. L’intégration du traumatisme familial d’Ohm peut ainsi donner l’impression d’avoir été quelque peu forcée dans l’intrigue horrifique. À mon avis, cet aspect est terriblement sous-exploité.
Plusieurs détails concernant les règles de ce folklore, mais aussi la manière dont opère l’entité de l’hôtel, sont laissés dans l’ombre. Cela pourrait participer au mystère si le film ne s’appuyait pas autant sur certains personnages secondaires, qui servent presque exclusivement à distribuer quelques explications mythologiques avant d’être écartés de l’intrigue.
Malgré ses maladresses narratives et un folklore largement sous-exploité, j’ai vraiment apprécié Hokum. Il y a quelque chose de profondément séduisant dans cette manière de faire naître l’angoisse. Adam Scott est excellent, l’hôtel constitue un décor horrifique remarquable et la dernière partie m’a complètement embarqué. Ce n’est peut-être pas le film le plus cohérent du monde, mais c’est une proposition suffisamment généreuse et maîtrisée pour me rester en tête.