Hokum
6.2
Hokum

Film de Damian McCarthy (2026)

Hokum.

Encore un film dont je n'ai eu pratiquement rien à foutre.

Encore un film moderne où je me suis fait chier parce que tout est plat, sobre, prévisible.

Et encore une fois, ce sont les films de genre qui sont censés être les plus fous.

Je demande même à ce qu'un film d'horreur me fasse peur... C'est trop demandé aujourd'hui... Dans cette économie ?! Vous voulez rire ?

Le film va abuser du même stratagème effrayant... Alors, ce n'est pas un jump scare puisqu'on est passé à autre chose depuis... Ce serait trop peu original... peut-être mais au moins, ça aurait le mérite de faire peur. En revanche, on préfère le substituer au jump scare sobre où quelque chose apparaît à l'écran dans une sobriété des plus banales : là vous voyez, il y a rien, et là, si le personnage ou un élément du décor bouge, là, vous voyez quelque chose de flippant. Je suis bien d'accord que parfois une sobriété des effets est parfois plus flippant qu'un CGI... Mais...

Qu'est-ce que cette dame a de flippant ? Je veux dire, avec son imper jaune et son regard du type "Pourquoi tu as laissé la porte de la maison ouverte ?", mon cerveau doutait que ce soit effrayant, il hésitait même deux secondes à chaque apparition avant de deviner que c'était un élément d'horreur. Ce qui est effrayant !

La sorcière aussi, est d'une sobriété presque folkorique... ce qui lui sied bien... On sent alors que l'équipe scénario a voulu se rapprocher d'une folk horror en évitant tout effet jugé trop "fonce-dedans" mais voilà... une petite vieille qui sort de l'ombre avec son petit visage blanc qui traverse la lumière, j'ai envie de dire... BOF quoi. C'est sobre.

Au final, le personnage lapin présentateur d'émissions pour enfants m'a surpris un peu (et dérangé aussi). Je m'attendais à le voir davantage ou même qu'on explique son existence...

Là aussi, on a un gros problème de sobriété, le film décide d'expliquer tout... de présenter tous les personnages, de raconter toutes les rumeurs, de disséminer tous les indices dès l'introduction assez courte du film... Sauf que voilà, on laisse pas assez de temps pour que tout respire convenablement, on plonge la tête du spectateur droit dans la sauce sans lui donner une serviette pour s'essuyer. Cette serviette, c'est simple, ce sont les transitions qui manquent cruellement à la respiration du film. On passe du suicide, à l'hôpital, pour revenir à l'hôtel en moins de deux minutes car on sent que le scénariste n'a pas réussi à imaginer une scène entre les deux qui donnerait des informations cruciales pour la suite sans forcément recourir à deux protagonistes que Bauman va rencontrer dans un intervalle très court et qui vont se trouver être des putains de moulins à parole, donnant plus d'informations que le personnage en demande.

Et dans tout ça, le personnage finit par perdre en substance puisqu'il part à la recherche de Fiona sans expliquer ses motifs, sans dévoiler ses doutes et ses envies, et sans un jeu d'acteur qui pourrait nous le rendre appréciable. Franchement...

Là aussi, sans transition, on ne sent pas la réalité de l'Irlande (je me suis dit quand même que le film était prévu pour que les américains voyagent un peu en Europe... mais qu'est-ce que tu veux voir d'autre que cette forêt et cette chambre d'hôpital ?), et encore plus problèmatique, avec une pénurie d'endroits où tourner, on finit par utiliser le même lieu où est garé la voiture de Jerry, le fou des bois, à deux moments différents du film, alors qu'au second, ce dernier est recherché par la police. Pourquoi chercher un autre endroit dans les bois alors qu'on peut tout simplement rester sur le bas-côté du seul chemin pour se rendre à l'hôtel, chemin utilisé par tout le personnel de l'hôtel mais dont personne n'a cherché à fouiller l'automobile ? Jerry apparaîtra comme une fleur, ou bien comme une rencontre aléatoire d'un boss rare dans Wow. Bauman a juste eu de la chance, il est venu à 14h29 durant son heure de pop et non à 9h50 comme les flics.

Aussi ce film a la fâcheuse idée de recourir aux flashbacks... On ne comprend pas que sa sobriété n'ait pas voulu aller jusqu'à du hors-champ, eh ouais, cette fois-ci, on a le droit à tous les détails comme si ces derniers importaient réellement. Non, ils coupent le récit, on s'ennuie, on ne demande qu'une seule chose, qu'ils s'arrêtent.

J'aime beaucoup l'argument du "C'est un film d'horreur donc les personnages ont le droit d'être débiles...". Dans ce film, le personnage fait beaucoup de choix débiles comme... explorer la cave pour trouver une issue alors que la fille n'en a jamais trouvée une... ou ne pas chercher à atteindre ce putain de hublot dans la suite nuptiale et fuir par là ! On va me dire, qu'il va se casser la jambe ou pire... Peut-être... Mais le voilà votre choix débile ! Pourquoi ce choix débile là en particulier, il ne va pas le faire ? Voilà où s'arrête la logique de cet argument.

Et voilà... la sobriété a régné sur ce film, à tel point qu'on arrive à une fin plutôt plate. Notre fin folklorique à deux francs six sous... On l'attendait notre porte des enfers située entre les deux murs d'une cave bétonnée (qui pourrait presque être un bunker à ce stade), où on a pas assez de place pour déplacer la caméra alors on fait pas grand chose, on piétine. Notre petit Mal est tiré par le caméraman, il y a des chaînes à son poignet, Bauman regarde le sol puisqu'il doit y avoir une marque jaune à cet endroit, jaune comme l'imper de sa mère qui vient lui dire que ça va, en fait, tu peux vivre, et lui qui se dit, oui, c'est vrai, je peux vivre, alors il coupe les chaînes magiques de la sorcière avec un pauvre couteau et le tour est joué.


"Je l'ai mon pass pour quitter le manoir. S'il faut passer par là pour enrayer la sorcière... Moi, je dis... Allons-y quoi. Allons-y."


Errata : J'ai dû revoir la scène où Bauman tombe sur la sorcière car honnêtement, j'ai rien compris. Tellement sobre cette scène qu'au final, je n'avais pas vu qu'il n'avait pas terminé son putain de cercle blanc pour se protéger de la sorcière (en même temps, qu'il est crétin de s'être rapproché de la porte des enfers au lieu de le faire dans un coin caché), et qu'il a gagné de jolies chaînes en hors-champ... Merci, je manquais ce putain de détail, tête de con de scénariste de pacotille. Au final, j'ai cru qu'il voulait sauver Mal... autant pour moi.

Ainsi, pour conclure, je crois tout bonnement que si on cherche à dénaturer toute la folie et l'extravagance du genre horrifique, autant à ce moment-là, faire un putain de polar européen comme on en vomit tant. Et même si ces derniers voulaient rendre honneur à la folk horror, il aurait fallu tout de même un petit peu d'expérimental dans la réalisation, ou bien de la musique assez oppressante... Et surtout, ne pas tout montrer quoi... la vieille au visage enfariné... Je peux faire la même chose sur Youtube, donnez moi deux dollars pour acheter la farine et une vieille, et je vous la fais votre scène dans la cave que je trouverai bien dans un bunker à La Rochelle.

On vit à l'époque de la sobriété... La sobriété peut effrayer quand on a vécu trop de films d'horreur aux couleurs flashy, aux prothèses en plastique et aux CGI très envahissants... C'est sûr... Mais honnêtement, voyez Chambre 1408, c'est à peu près le même scénario (sans l'enquête polar européen à deux balles), et vous avez beaucoup d'effets et en même temps, des moments plus sobres avec beaucoup de recours aux effets réalistes. Un acteur comme John Cusack qui est clairement sous-estimé, plus expressif et qui arrive pourtant à jouer un connard sans en faire trop des caisses. Et une caractérisation du personnage qui passe par des rappels de son passé sans tomber dans les travers du flashback.

Bref, en gros, c'est mieux. Et ça le restera. Tant qu'on restera dans cette chambre 1408... pour l'éternité.


Diegressif
4
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Créée

le 20 juil. 2026

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