Christian Bale, l'orphelin de Gotham est un habitué des scènes d'enterrement et des rôles de vieux loup solitaire. Depuis son Batman mémorable, il campe ici, un capitaine marqué par les batailles et en fin de carrière . Il retrouve Ben Foster qu'il avait déjà croisé dans 3:10 pour Yuma en méchant de service, la flamboyante Rosamund Pike en veuve éplorée et Wes Studi, dont le physique très particulier le condamne aux rôles de chef amérindien.
Hostiles est un film linéaire, introspectif, ne vous attendez pas à un western classique. Certains y trouveront des longueurs, d'autres une vision différente mais également plus ancrée dans ce que pouvait être la réalité de l'époque. Ici c'est plutôt 'Danse avec les loups' mais sans les loups, le cinéaste prenant garde de nous avertir du caractère violent par nature du peuple américain. Car des scènes de violences il y en aura peu, les personnages se contentant par moment d'évoquer leur passé horrible afin d'installer un climat d'angoisse. Mais elles seront saisissantes, comme si le spectateur y participait, le réalisateur jouant sur l'effet de surprise. Nous suivons nos personnages à travers leur périple, jour après jour, nuit après nuit, et la mort pourra faucher l'un d'entre eux à tout moment. Le film est lent, contemplatif, les paysages magistralement filmés, car ce qui est en jeu, ce ne sont pas seulement les hommes, mais aussi ces vastes contrées qu'ils se disputent. Au final, malgré l'atmosphère pesante et l'omniprésence de la mort, c'est un film optimiste qui réconcilie deux peuples, deux cultures, ne prenant pas parti pour l'un ou pour l'autre, car des deux cotés, il y a eu une souffrance que nous retranscrit Scott Cooper, aussi bien dans les cris que les silences.
Lorsqu'on regarde la filmographie de Bale, ce film pourrait s'insérer dans un triptyque. En 1er, Le Nouveau Monde de Terrence Malick oú l'on part à la découverte des amérindiens, ce film ayant certaines similitudes dans la photographie ( l'actrice y jouant Pocahontas est également au générique de Hostiles). En 2nd, 3:10 pour Yuma de James Mangold, un remake musclé d'un western d'autrefois, léger dans sa narration mais s'inscrivant dans la lignée des westerns nouvelle vague. Et enfin Hostiles, film plus intimiste qui marque la fin d'une page de l'histoire des états-unis, et porte une réflexion sur la cohabitation.