Face à ce film, autant l'avouer tout net, je me sens une âme de Comanche ! Des envies de hurler à la mort, de scalper du Bale-Belle-Gueule, de cribler de flèches assassines ces gentils Cheyennes de mes deux et même de faire prisonnière en dessert cette sacrée Rosamund Pike qui fait ici sa tête de malheureuse mais qu'on n'a pas oubliée en Gone Girl un peu plus tranchante !
Pas de quartier ! Sus à ce cinéma de l'introspection et des longues chevauchées compassionnelles et des mélodies tire-larmes. Sortons les tomahawks et pourfendons la pleurnicherie facile. A bas les larmes au son des vibratos. Vive le tam-tam, du rythme bon sang de bonsoir ! Et des personnages avec des tripes et du cœur. Car voir sangloter ce pauvre capitaine Blocker parce que son pote noir est blessé et que tout fout l'camp, ça ne m'émeut pas plus que ça ; puis le voir pleurer parce que son pote Metz est mort à son tour et que tout fout l'camp toujours ne me touche pas davantage. On ne s'étonne d'ailleurs même plus des larmes finales. Non aux sanglots longs des violons de l'Utah ! Flanquez-moi ce pleurnichard à la rivière et qu'on n'en parle plus !
Oui, je me sens Comanche !
Des envies de t'attraper ce scénariste et de te l'attacher aux poteaux de couleurs et de lui faire cracher le morceau ! Pourquoi ? Pourquoi les indiens attaquent-ils toujours à découvert ? Sont suicidaires ? Dépressifs ? Naïfs ? Surtout que depuis le temps, ils savent bien que les Blancs font pas dans la tendresse. Mais non, les Indiens continuent et continueront à jamais, vaillamment, bravement, bêtement, à descendre de leur colline pour attaquer de front les Blancs et se faire descendre comme des bleus, ou plutôt des rouges, brefs des violets quoi !
Pourquoi, scénariste ? Pourquoi les trappeurs sont toujours des méchants barbus ventrus qui violent les femmes ? Rendez-nous Davy Crocket, bordel ! Pourquoi les femmes vont toujours à la rivière là où précisément les choses finissent par se gâter ? A la longue elles devraient savoir que ces foutus scénaristes ont prévu de mauvaises rencontres au bord de l'eau.
Pourquoi, scénariste ? Pourquoi sur les quinze membres d'un convoi, ce sont toujours les mêmes qui meurent en premier et les mêmes qui vivent en dernier ? Ils attirent les flèches ou les tirs les seconds couteaux ? Là où Pike et Bale semblent intouchables. Pourquoi tant de prévisibilité ? Allez ! Etripez-moi ce scénariste !
Oui, je me sens Comanche.
Envie de bouffer du bison, pas de cette tambouille sentimentaliste assaisonnée aux accents graves de l'auto-rédemption. Sus à la sinistrose, un peu d'humour par le Grand Sachem !
Allumons un feu et dansons pour faire revenir l'esprit du grand Western. Rendez-nous les vraies héroïnes (celle de Convoi de femmes), les vrais cow-boys de Peckinpah et les vrais Indiens !
Personnages/interprétation : 4/10
Scénario/histoire : 4/10
Mise en scène/réalisation : 5/10
4.5/10