Le western, ce genre devenu si rare... Il devient donc d'autant plus important que ceux que nous découvrons aujourd'hui soit réussi, ce qui est plutôt le cas concernant « Hostiles ». Premier constat : visuellement, c'est très fort. Excellemment filmé, exploitant remarquablement ses paysages, cette traversée sauvage offre un dépaysement total, où la photographie apparaît comme un élément majeur pour la meilleure immersion possible. Dommage que Scott Cooper, au-delà de son grand talent de plasticien, ne parvienne pas à créer une tension beaucoup plus forte, le rythme s'avérant assez lent, presque contemplatif parfois, au point de me faire décrocher à certains moments.
Heureusement, la présence de personnages souvent intéressants et complexes permettent de compenser cette impression, notamment à travers la présence de Ben Foster ou la relation de plus en plus respectueuse entre Blocker et Yellow Hawk, la belle interprétation générale (notamment d'un Christian Bale aussi sobre qu'inspiré) venant renforcer cette impression presque « majestueuse », où la violence est finalement peu présente, même si on la sent capable d'exploser à plusieurs reprises. J'en regrette d'autant plus ce rythme parfois si lent, empêchant ce très beau spectacle d'exprimer tout son potentiel.
Maintenant, c'est un vrai film, loin de ce qui peut nous être proposé habituellement aujourd'hui. C'est du cinéma, non sans réserves « rythmiques », mais du cinéma. Pour cela, « Hostiles » doit être salué et, qui sait, la fatigue n'ayant pas aidé mon jugement, peut-être même reverrais-je mon opinion à la hausse dans le futur. En tout cas, je ne saurais que trop vous le conseiller afin de vous forger votre opinion, si possible sur le plus large écran possible...