Non mais sérieusement, d'où viennent toutes ces bonnes critiques ? J'y suis allé les yeux fermés en lisant ici que c'était un bon western, là que ça rappelait Clint Eastwood... Je cherche encore le rapport avec le genre Western (à part que ça se passe théoriquement à l'époque) et encore plus avec Eastwood (à part qu'on voit des chevaux et des revolvers).
Sans exagération, vraiment, j'avais tout compris en moins de 10mn, c'est à dire après les deux premières scènes, celle où on voit une belle blonde maltraitée par des méchants hommes indiens cisgenres puis une famille d'indiens maltraitée par des méchants hommes blancs cisgenres, dont tout le monde comprend immédiatement qu'ils symbolisent les électeurs de Trump. Qu'importe si les esclavagistes étaient justement Démocrates, le réalisateur ne s'intéresse ni à l'histoire, ni à la crédibilité du scénario et des personnages, ni à rien qui nous ramène à la réalité. La seule chose qui lui importe c'est la métaphore - SUBTILE ! - avec l'Amérique d'aujourd'hui. Amérique néo-fasciste dans son esprit, cela va sans dire.
Du coup, au bout de 10mn vous connaissez tout le film, toute la morale, vous pouvez deviner à l'avance les interactions entre chacun des personnages, leurs évolutions, et même la fin du film. 2H30 à regarder se dérouler le film, sans aucune, mais alors strictement aucune surprise. C'est long, très long, surtout que tout est fait pour que ce soit chiant à regarder. Pour vous dire : moi et ma copine avons rigolé tout le long tellement tout était prévisible et ridicule de sentimentalisme.
La morale est simple. Un peu comme on sait dans un film de propagande en URSS qu'il y a d'une part les gentils révolutionnaires et d'autres part les méchants capitalistes / tsaristes. Tout tiens en quatre messages :
1° Ce qui nous sauvera c'est l'idéologie "United Color of Beneton"
2° Il ne faut pas faire d'amalgame. Il y a des méchant partout.
3° La seconde chose qui nous aidera, c'est la psychologie à l'eau de rose. Il faut partager nos émotions, tout le temps, en tout lieu, en toute circonstance.
4° La centralisation du pouvoir gouvernemental, c'est BIEN. L'autonomie par rapport au pouvoir central, c'est MAL.
Le résumé du film, en clair : être démocrate, c'est bien. Être républicain, c'est mal. Voilà voilà...
Autant dire que 2h30 pour dire ça, on se fait vite chier...
Du coup, comme tout n'est qu'idéologie et premier degré larmoyant, rien n'est crédible, tout est lourd. Tous n'est qu'une longue succession de séances de psychanalyses ponctués par des assassinats des membres du groupe, tous moins crédibles les uns que les autres. Comme si les guerriers de l'époque, qui ont réalisé la conquête de l'ouest, passaient leur journée entière à pleurer sur l'épaule de leur pote et afficher à chaque seconde de leur vie leurs fragilités. Quel anachronisme ! Une revisitation ahurissante de l'histoire à l’aune d'un existentialisme moderne devenu fou et dominateur.
Quid de la pudeur des hommes confrontés à la réalité d'une vie alors difficile ? Quid de la pudique légèreté de l'homme tragique, qu'on retrouve chez Eastwood par exemple ?
Non, le réalisateur n'a pas envie de rire. C'est un Ayatollah de l'existentialisme. Il est en mission, celle de détruire, au moins symboliquement, ceux qui sont nés quelque part et qui n'en n'ont pas honte. Ces gens là sont la cause de tous les maux de l'humanité.
Comme ce personnage de fermier raciste, métaphore évidente de Trump (dans ce pensum qui ne s'embarrasse pas de subtilité), achevé hargneusement au couteau par le héros, qui ne supporte plus la méchanceté des gens racistes.
Car oui, je sais pas si vous êtes au courant, c'est méchant d'être raciste.
Long, incroyablement prévisible : on connaît le scénario et la fin dès les premières minutes, chiant, anachronique et pas crédible, caricaturale, lourdement psychologisant, et lourdement idéologique, jamais drôle, mal joué (tous les personnages n'ont qu'une expression : la souffrance psychologique). Je cherche encore des qualités à ce film.
Si, il faut reconnaître que les nuages sont jolis. Et les chevaux bien peignés.