Hurlevent
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Hurlevent

Film de Emerald Fennell (2026)

Hurlevent : romantisme tourmenté dans un écrin somptueux

Je partais totalement vierge sur celui-ci. Je ne connaissais Les Hauts de Hurlevent que de nom, aucune adaptation vue auparavant, donc impossible pour moi de juger la fidélité ou les libertés prises. Je ne peux parler que du film en lui-même et dans ce cadre, la surprise est plutôt agréable, petit coup de cœur inattendu.


Visuellement, c’est franchement très beau. Les décors respirent, les costumes sont soignés, la mise en lumière flatte chaque plan, la mise en scène et le cadrage construisent une vraie atmosphère, et la photographie enveloppe le tout avec élégance. Même sur le plan sonore, ça tient bien la route : ambiance travaillée, partition solide, rien qui sorte vraiment du film. Et surtout, le tempo fonctionne. Je ne me suis pas ennuyé, aucun passage qui m’a donné envie de regarder l’heure, ce qui peut constituer déjà une petite victoire pour ce type de récit que je ne fréquente pas souvent.


L’histoire, elle, a probablement dû être sulfureuse et subversive à son époque. Ici, ça l’est nettement moins. J’entends que le matériau aurait été adouci, remodelé, et que certains fans crient à la trahison (la réception critique assez rude, pour rester poli, semble aller dans ce sens) mais n’ayant aucune attente, je n’ai pas ressenti de frustration. Cette romance impossible et tourmentée reste divertissante, crédible même, en grande partie grâce à la première partie portée par le casting enfant, très juste et doté d’une belle alchimie qui pose efficacement les bases émotionnelles.


Pour le duo adulte, en revanche, le déséquilibre saute aux yeux. Margot Robbie porte clairement le film sur ses épaules. Elle impose sa présence, sa nuance, sa densité et on sent qu’elle est un cran au-dessus de son sex-symbol de partenaire australien (qui partage d’ailleurs la même région d’origine, ce qui est marrant à y penser). Sa performance domine, et le film a d’ailleurs intelligemment géré les contraintes liées au fait qu’elle venait d’accoucher au début du tournage, sans que cela ne nuise au résultat. Le reste du casting fait le travail correctement, sans éclat particulier mais sans faute majeure.


Au final, Hurlevent est une expérience que je ne m’attendais pas forcément à apprécier. Ce n’est pas le genre d’œuvre vers lequel je vais naturellement, et je n’ai pas le bagage littéraire pour en mesurer les écarts, mais pris pour ce qu’il est soit un mélodrame romantique porté par une esthétique solide et une actrice principale habitée, j’y ai trouvé mon compte. Pas renversant, pas indispensable, mais suffisamment incarné et élégant pour marquer positivement.

A découvrir!

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le 13 févr. 2026

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lugdunum91

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