Ils est typiquement le genre de cinéma d’horreur français que j’apprécie : un cinéma modeste, non prétentieux, a petit budget, qui ne cherche pas à en faire trop mais qui reste. toujours efficace dans ce qu’il propose.
La tension s’installe dès les premières minutes. Une atmosphère lourde et oppressante nous plonge immédiatement dans le cœur du film. La noirceur s’ancre profondément dans les tréfonds de la forêt, la où une mère et sa fille sont victimes d’un accident. La voiture ne démarre plus, la mère sort, ouvre le capot… puis plus rien. La menace est présente mais invisible, insaisissable. On ne sait ni qui elle est, ni comment est s’est retrouvée ici, et encore moins pourquoi elle est présente. Et c’est précisément là que réside la force viscérale du film. Dès les dix premières minutes, quelques choses de profondément de malsain s’installe. Cette menace n’est pas que sensorielle elle devient par la suite visuelle, mais reste toujours cachée, flou.
Le récit se déplace ensuite à Bucarest on l’on découvre clémentine, professeur de français, vivant avec son mari Lucas romancier, dans une maison isolée. Une nuit alors qu’ils dorment, Clementine est réveillée par des bruits étranges. Elle ne le sait pas encore mais cette nuit marquera un véritable basculement dans sa vie : elle et son mari seront traqués, épiés et pris au piège.
Ils s’inscrit dans le registre du home invasion. Le film se montre efficace malgré quelques longueurs et incohérences ponctuelle. Il accomplit son travail sans jamais paraître superficiel. L’atmosphère pèse durant les 1h10, ne laissant que très peu de répit aux spectateurs. J’ai même réussi à développer une petite attache aux deux protagonistes, ce qui reste assez rare dans ce type de films, encore plus dans le home invasion ou la mise en scène et l’ambiance prennent souvent le pas sur l’émotions.
Ma note reste tout de même assez basse. Malgré une ambiance réellement malaisante et bien encrée, Ils repose sur plusieurs facilités scénaristiques et ne prend finalement pas de risques. Le film a tendance à tourner en rond même si cela peut être inhérent au genre.
Un point m’a particulièrement dérangé : l’absence casi constante d’éclairage. Bien sûr il ne s’agit pas d’illuminer chaque scène de manière artificielle mais simplement de permettre aux spectateurs de comprendre ce qu’il voit. Lors des scènes en forêt notamment, tout s’enchaîne très vite et il devient difficile de suivre précisément les actions, ce qui nuit à l’immersion plutôt qu’à la renforcer.
Malgré une base solide et une mise en scène maîtrisée, le film n’a pas réussi a me convaincre sur la totalité. La première partie est efficace et bien menée mais la suite m’a parut assez longues ce qui a progressivement participé à un détachement de ma part vis à vis du film.