Comment transformer une idée vaguement amusante en long tunnel embrumé. On nous promet du fantastique, du délire, des sortilèges, du rythme, du Lautner. On obtient des perruques douteuses, des effets spéciaux qui feraient passer un épisode de télé locale pour Star Wars, et surtout… une lenteur quasi métaphysique. Le problème n’est pas que ce soit absurde. Le cinéma français des années 70 sait faire du grand n’importe quoi jubilatoire. Le problème, c’est que ça ne décolle jamais. Jean Lefebvre fait son numéro habituel : œil rond, voix geignarde, agitation molle. D’habitude, ça passe grâce au rythme. Ici, on dirait qu’il joue dans du coton. Henri Guybet, pourtant capable d’énergie, semble freiné par un scénario qui confond accumulation et invention. Même Daniel Ceccaldi, d’ordinaire solide, paraît chercher une cohérence dans un script qui a manifestement pris des congés sabbatiques.


Les gags ? Ils arrivent avec des bottes de plomb. On les voit venir à trois kilomètres. On les attend. Ils tombent. Silence. Puis le film continue comme si de rien n’était.


Et ces fameuses scènes un peu olé-olé… Elles débarquent sans logique narrative, comme si quelqu’un avait crié :« Il nous manque 10 minutes et un peu de peau ! » Résultat : Ce n’est pas scandaleux. Ce n’est pas catastrophique. C’est pire : c’est mou.


À la fin des années 70, Georges Lautner n’est plus dans la période bénie des Tontons flingueurs. Sans la plume de Michel Audiard, ses comédies reposent davantage sur la situation que sur les dialogues. Ici, ça se ressent fortement. Le film s’inscrit dans une vague très marquée de la fin des années 70 : comédies fantastiques légères, érotisme soft, humour franchouillard, budgets serrés. Le fantastique est surtout un prétexte scénaristique, pas un vrai moteur visuel.


Une partie du film a été tournée en décors naturels pour donner un côté “authentique”. Les effets spéciaux étaient limités par le budget : beaucoup d’astuces artisanales. Plusieurs acteurs de l’époque enchaînaient les tournages, ce qui explique parfois un jeu un peu automatique.


À sa sortie, le film n’a pas marqué durablement le public ni la critique. Aujourd’hui, il est souvent redécouvert comme curiosité nanardesque plus que comme réussite oubliée.


Pourquoi ça ne marche pas vraiment ?Parce qu’un bon nanar, c’est excessif, énergique, involontairement génial. Ici, tout est trop contrôlé pour être délirant… et trop faible pour être efficace. C’est le ventre mou du cinéma populaire des 70’s : ni culte, ni catastrophique, juste… flottant.

Monsieur-Chien
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le 28 févr. 2026

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Monsieur-Chien

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