Le cinéaste filme son propre voyage en Géorgie, retrouvant sa famille tchétchène, ses amis et rêve de construire la maison de ses rêves sur son terrain. Dans ce documentaire profond et poignant, on mesure le poids de l'exil et le traumatisme de la guerre (nombreuses références au conflit russo-tchétchène) sur les relations humaines. A travers cette petite communauté, l'auteur montre aussi le poids des contraintes sociales (notamment vis à vis du mariage et des enfants) et de la religion. Il y a des moments forts dans une histoire qui monte crescendo : une assemblée de femmes échangeant sur la religion et la liberté, de douces discussions avec sa mère et une amère mise au point avec son père biologique (une formidable séquence toute en longueur). Deni Oumar Pitsaev propose, en fait, une radiographie sans concession d'une petite communauté dans laquelle il semble avoir du mal à retrouver une place. La caméra s'efface parfaitement pour laisser le champ libre aux échanges (un montage limpide).