Récompensé dans la section documentaire à Cannes ce printemps (Œil d’or), Imago (titre au combien métaphorique) nous plonge dans une communauté tchétchène installée en Géorgie où la mère du documentariste a acheté une terre pour qu’il y construise sa maison familiale. Toutes les séquences qui s’enchaînent nous permettent de comprendre l’énorme fossé entre le mode de vie et les aspirations du réalisateur et la vision ultra conservatrice des membres de la communauté, à l’exception d’un jeune homme hors norme avec qui il entretient une relation indéfinie. Mais tout cela, comme le film, n’est que prétexte à ce qui constitue le cœur du documentaire, le piège du documentaire, une rencontre entre Déni Oumar Pitsaev et son père absent. Leur conversation, 20 minutes au moins, au cœur de la forêt, n’aura pas d’issue; le père rigide restant campé sur ses principes. L’esthétique du film, douce et solaire, ajoute une touche langoureuse à l’ensemble.