C’est pendant le tournage de «Pulp Fiction» que vient l’idée à Quentin Tarantino d’écrire un scénario ayant pour la cadre la seconde guerre mondiale. Mais confronté à de nombreuses incertitudes quant à la qualité de son script, il mettra près de dix ans à le finaliser, juste après l’issue de la production du dyptique «Kill Bill». Il lui faudra attendre encore deux ans pour lancer définitivement son bébé, accaparé alors par le projet «Grindhouse».
Présenté très tôt sous le titre de «Inglourious Basterds», on a longtemps cru que ce nouveau long métrage serait plus ou moins un remake du film de Enzo G. Castellari au titre quasi similaire sorti en 1978. Tarantino ne s’étant jamais caché comme étant l’un des plus grands fans du réalisateur transalpin.
Il n’en sera rien, «Inglourious Basterds» sera un film original aux accents de western spaghetti dans la plus pure tradition du cinéaste fantasque américain.
Encore une fois, Tarantino va faire preuve ici d’une sens de l’écriture et du dialogue assez bluffant malgré une structure plus classique que sur ses précédents films. Une histoire simple, véritable hommage définitif au cinéma qui se construit sur la base d’une succession de scènes longues et fortes interprétées par un casting de première classe.
Plus maitrisé que ses autres oeuvres, «Inglourious Basterds» force l’admiration grâce à une réalisation épatante qui nous permet d’avaler sans peine une réécriture totale de l’Histoire. Toujours autant bourré de références, elles ne prennent pas pour une fois ici, le dessus sur le reste. Tarantino s’en sert désormais comme un support et non plus comme un prétexte pour construire son hommage. Son humour ironique est quand à lui, toujours aussi communicatif et emporte une nouvelle fois l’adhésion.
Difficile de ne pas revenir sur le casting. Brad Pitt, absolument génial en lieutenant US à l’accent prononcé prenant un plaisir quasi sadique à scalper du nazi, Mélanie Laurent, enfin bien dirigée joue tout en sensibilité cette jeune femme avide de vengeance. Puis il y a Eli Roth, Diane Kruger, Michael Fassbinder et bien d’autres qui complètent avec talent une distribution hallucinante. Mais la véritable révélation du film, c’est Christoph Waltz qui compose l’un des personnages les plus marquants et détestables de ces dernières années avec un immense talent.
Côté bémols, on déplorera quelques longueurs et l’impression globale d’une simple succession de courts métrage qui forment l’histoire globale. Une impression accentuée par son découpage en chapitres.
Tarantino se repose également souvent sur ses acquis, minimisant finalement l’impact global du film.
Mais si «Inglourious Basterds» n’a peut être pas la même force que ses prédécesseurs , il n’en demeure pas moins un film plus contrôlé d’une fantastique virtuosité cinématographique.