Troisième tour de piste pour les magiciens les plus voyants du cinéma contemporain, et cette fois, la magie opère… à moitié. Insaisissables 3 tente de prolonger le charme des précédents opus, mais le lapin sort désormais d’un chapeau percé. Ce n’est plus vraiment de la prestidigitation, plutôt du recyclage maquillé en tour de passe-passe.
On retrouve pourtant tout ce qui faisait le sel de la saga : rythme soutenu, montage clinquant, dialogues vifs et illusions à la frontière du possible. Le problème, c’est que tout cela semble désormais automatique, prévisible, presque mécanique. Là où le premier que j'avais vraiment aimé (7/10) faisait briller la surprise et le second moins intéressant (6/10) conservait un certain panache, ce troisième volet s’abandonne à la facilité et la redite, enchaînant les retournements artificiels et les plans "malins" qui ne le sont plus vraiment. Le fameux "ta gueule, c’est magique" devient ici "ta gueule, c’est bâclé".
Le film reste malgré tout divertissant. On ne s’y ennuie pas vraiment : ça bouge, ça brille, ça claque. Mais tout semble déjà vu, sans véritable enjeu ni mystère. L’écriture manque de souffle, et les tours de magie, censés être le cœur de la saga, peinent à émerveiller. On devine les ficelles, parfois même avant que les personnages ne les tirent.
Le casting fait le travail sans grande passion. Jesse Eisenberg garde son énergie nerveuse, Woody Harrelson cabotine avec plaisir, et Morgan Freeman continue d’apporter un semblant de gravité à l’ensemble. Les nouvelles têtes de gondole font le travail. Mais Rosamund Pike, nouvelle venue, déçoit : son faux accent traîne comme un boulet, et ses répliques en français sont… disons-le, inaudibles. Quant au casting tertiaire français, il atteint un niveau de jeu qui ferait presque regretter les doublages automatiques : c’est raide, faux, affligeant.
Techniquement, c’est propre. Correctement filmé, bien éclairé, parfois même élégant. Mais la mise en scène peine à retrouver le sens du spectacle des débuts. L’histoire, elle, se perd entre twists forcés et moraline sur la confiance et la loyauté, servie par un scénario en pilotage automatique.
Insaisissables 3 n’est pas un désastre, juste un tour déjà vu, exécuté sans l’éclat ni la malice qui faisaient sa force. Ça se regarde, surtout sur plateforme un soir d’ennui, mais la magie s’est évaporée ou peut-être que, tout simplement, j'a vieilli.
Un bon petit 5/10 pour ma part et on pourrait dire que l’illusion continue, mais la fascination s’est envolée.
A découvrir!