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Le 31 décembre est, en plus d’être une grosse journée, une journée de gros. Alors tandis que je marchais sur un tapis de course afin d’entamer un déficit calorique qui allait être sauvagement écrasé par un repas beaucoup trop copieux, je décidai de réfléchir à quel film serait dédiée ma dernière critique de l’année. Un choix pas si simple compte tenu du nombre d’oeuvres visionnées lors de cette ultime semaine de 2025. Le temps s’égrenant sur ce dispositif fantastique qu’est le tapis de course, ou chaque pas empêche de tomber à la renverse, allégorie de la vie, du marche ou crève, je me remémorai quelques choix à ma disposition.


« Avatar », qui m’a permis de faire découvrir la science fiction dans un déluge de nuances bleutées à ma fille, mais m’autorisant surtout à aborder avec elle la délicate notion de colonisation avec plus d’humanité, j’espère, que certains politiques dernièrement.

"Predator Badlands », qui m’a fait me questionner, sapin de Noel factice trônant dans le salon, sur la problématique de la famille, celle de sang comme celle de coeur. Ainsi que sur la solitude, la pire, celle qui prend aux tripes même lorsqu’on est entouré. Une solitude comme compagne, qui ne laisse jamais seul finalement, douce ironie.

« Pour l’éternité », petit film sur la vie après la mort, bien plus profond que laisse présager son esthétisme et son apparente légèreté. Mais j’ai rédigé mon lot de critiques sur les films portant sur le deuil, sur la brièveté d’une existence sans vie conduisant à une éternité de mort. Euh oui, effectivement, c’est définitivement pas sur celui là que j’écrirai quelque chose.

« Les fils de l’homme », incroyable oeuvre d’une violence saisissante, d’une force à couper le souffle, qui raconte une humanité en guerre, une vie sans but éclairée d’un infime espoir. Un film qui m’a rappelé qu’au moment même où dans mon canapé, confortablement installé dans mes atermoiements d’une vie occidentale, des drames se jouent, bien plus acérés que mes questions existentielles sur la vie. Je repensais, non sans honte, qu’il faut vraiment ne pas avoir de problèmes pour s’en créer autant.


Mais dans ce déluge de réflexions, les endorphines et la dopamine prenant malicieusement leur temps pour étouffer ma psyché lors de mon effort ambulant, une épiphanie me vint. Un film que j’avais presque oublié tant il semblait insignifiant. Et pour être tout à fait honnête, je pense qu’il sera une évanescence, un très lointain souvenir d’ici peu. C’est celui la qu’il me fallait brièvement critiquer. « Insaisissables 3 ». Que dire ? Si, je sais. Ce film a réussi là où de très nombreux, trop nombreux ont échoué. Il a fait de moi un simple spectateur pour une fois. Aucune réflexion, aucun sentiment à l’horizon. Juste moi qui regarde amusé des tours de magie complètement loufoques voire grotesques. Pas de véritable enjeu si ce n’est une vague histoire de diamantaire nazi d’une totale absence d’importance. Je me retrouvai, sourire aux lèvres, comme un enfant devant un spectacle du cirque Bouglione. 


Augmentant la cadence sur mon tapis, je repensais au film me disant que je serais bien embêté si on me demandait ce que j’ai préféré. Incapable de répondre comme un enfant à qui on demande ce qu’il a aimé à la cantine aujourd’hui ? Non quand même pas. Voilà ce qu’a fait « Insaisissables 3 » ? Il m’a rendu ma naïveté, ma légèreté et même si ce n’est que pour très peu de temps, ce fut agréable.


Me jurant de prendre quelques minutes pour rédiger cette critique, j’éteignais mon tapis de course. Je faisais le constat sans appel, en descendant de mon rouleau noir inclinable, que l’homme avait réussi à supprimer le plaisir de la promenade en extérieur, le réduisant à de la simple marche. J’étais convaincu que l’inventeur du tapis de course serait capable de créer et de commercialiser du Pastis sans alcool. Un goût mauvais mais sans ivresse. C’est cette ultime réflexion qui naquit malgré moi dans mon esprit torturé qui me conforta sur l’importance des films comme « Insaisissables 3 »

Créée

le 1 janv. 2026

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5

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