Alors que Federico Fellini est en plein tournage à Cinecitta, une équipe de télévision japonaise vient l'interviewer afin de le faire parler de ses souvenirs, à l'occasion des 50 ans de la création des studios.
Il est étrange de se dire que Intervista pourrait être la conclusion de la carrière de Fellini, d'autant plus que c'est un retour en arrière sur son propre passé, de ses débuts de journaliste, et qu'il est à une époque où la production italienne était compliquée. D'ailleurs, il ne tournera qu'un seul film après cela, La Voce della luna, en 1990, mais en l'état, ça aurait pu être un bel épitaphe à la carrière du maestro.
Fellini joue son propre rôle avec délice, face à l'équipe technique japonaise un peu éberluée des propos du cinéaste, plus lunaire que jamais, et dont les méthodes de tournage, assez extravagantes dans une Italie en crise cinématographiquement parlant, mais il y a quelque de l'hommage qui s'en dégage. Aussi bien sur lui-même que sur le monde du cinéma en général, avec une scène formidable où son propre double des années 1930, joué par Segio Rubini, va aller sur un plateau de cinéma afin de faire ce qui fut la première interview de Fellini du temps où il était journaliste, avec la diva Katya. Et il y a toute une partie magnifique où le réalisateur va retrouver son acteur fétiche Marcello Mastroianni et qu'il lui propose, ainsi qu'à l'équipe japonaise ainsi que son jeune double cinématographique, de retrouver Anita Ekberg afin de revoir sur une toile blanche la fameuse scène de La Dolce Vita, dans la fontaine de Trevi, 27 ans plus tard. Et de voir à travers eux l'émotion de se revoir au temps de leur prime jeunesse.
Tout est comme ça dans ce film vertigineux, parfois foutraque, sans réel narratif, mais généreux en diable et qui revisite à vitesse grand V la carrière de Fellini, qui n'était jamais aussi heureux que derrière une caméra.