Jay Kelly
5.7
Jay Kelly

Film de Noah Baumbach (2025)

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Noah Baumbach me déçoit rarement. Et pourtant chaque fois que je lance un de ses films, j'ai la sensation qu'il ne va pas me plaire. Et je me rends compte que j'ai ressens cela depuis le début.


Certes, c'est un film très autocentré sur le monde du cinéma, difficile de prendre la crise existentielle de cet acteur très au sérieux, quand des gens de la vie de tous les jours ont de vrais problèmes. Mais ça reste intéressant, et même si c'est fort axé sur le cinéma, on peut trouver un peu de matière pour s'identifier, car nous avons tous été autre que nous-mêmes à un moment de notre vie. Genre on rencontre des gens nouveaux, on va p'tet mettre en avant un détail de notre personnalité pour pouvoir mieux s'intégrer. Ou bien s'inventer une histoire le temps d'une conversation. Être soi-même, en fait ce n'est pas si facile, la plupart du temps on réagit à la personne en face, car personne n'aime déplaire, on cherchera toujours à trouver ce qui, en nous, raisonne le plus chez l'autre. Et sans doute les meilleures amitiés sont celles où l'on exploite un max de traits propres à nous jugés importants dans notre construction individuelle. Mais bon, même sans ce raisonnement, le monde superficiel d'Hollywood m'intéresse.


J'ai trouvé le récit intéressant et plutôt intelligent à bien des égards. Ne fut-ce que le coup du cheese cake pour marquer le fait que le personnage ne sait plus trop qui il est, c'est malin. Et puis, si il y a une forme de happy ending à la fin, tout n'est pas rose, c'est juste que le mec veut avoir la sensation que tout s'arrange, mais on voit bien que c'est lui qui veut ça. Car forcément les apparitions satisfaites à la fin ne sont que des fantasmes du bonhomme. Et pas sûr que l'acteur et son ex manager vont rester en contact longtemps. Les relations avec les filles ne sont pas non plus idéales. Mais tout cela est beau, touchant, émouvant. C'est toute la complexité de la vie, on fait des choix, on ne veut pas s'excuser d'être soi-même, mais être soi-même peut heurter l'entourage. Vivre à fond son rêve d'artiste est rarement conciliable avec la vie de famille, par exemple, le film le montre bien.


La mise en scène est plaisante ; un découpage globalement sobre, hormis le plan séquence d'ouverture complexe (et brouillon), mais toujours une caméra bien placée, pour valoriser un personnage, un gag, une intention. L'action est lisible. Le montage est bien rythmé ; puis un plaisir de retrouver Clooney dans une comédie, il a un tel timing, une telle facilité à déformer son visage à coup de sourires forcés. La BO est agréable et discrète.


Bref, très chouette film. Je suis content de terminer l'année avec un bon film comme ça.

Fatpooper
8
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le 1 janv. 2026

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Fatpooper

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