Non à l'hétérose, Oui à l'été rose !!!

Remballez votre Coupe du monde de foot, l'ambiance la plus folle qu'on vient d'avoir, c'était la séance de Minuit cannoise de Jim Queen, coincée sur notre petite siège entre deux entités de 2m, des bras comme nos cuisses, et qui portent le vernis à ongles rose mieux qu'on ne le fera jamais. L'ouverture s'est lancée avec une musique ultra entraînante et un montage animé de slibards de sport serrés, d'abdos qui gigotent en cadence, de beaux gosses luisants sur des couleurs flashy : tout le public se lâche, faisant passer l'actuelle Coupe du Monde de Foot pour une partie de bridge dans un EHPAD. Ici, on parle de choses sérieuses, voyez-vous. Comme une battle de "poses" avec des éventails, un concours de karaoké endiablé sur du Céline Dion, la meilleure scène du Cheval de Troie de l'année (non, Monsieur Nolan, n'essayez pas : on vous dit que vous n'avez aucune chance face à la licorne à la porte de sortie rectale... Le budget, ça n'achètera jamais les idées débiles et efficaces). Allez, venez tous suivre les aventures hilarantes et décomplexées de Jim Parfait, l'apollon de la salle de gym, et de Lucien le "twink" (un gay fin et timide) dans leur quête contre le nouveau virus ravageur : l'hétérose, qui rend hétéro tout gay qui le contracte. Ils deviennent des bides à bières qui discutent pénalty et vannent les meufs. Alerte rose, vite. L'idée est déjà déjantée, et vous n'avez encore rien vu. Le film est un festival de trouvailles, toutes plus étonnantes et trash (ça réveille) pour faire gondoler tout le monde sur son siège. On dit bien "tout le monde". Que vous soyez gay, lesbienne, trans, drag, bear, non-binaire, "kiffeur" (quelle scène, my god, quelle scène), BDSM, ou même hétéro (c'est pas grave) : Jim Queen vous accueille toutes et tous, avec la même passion dévorante pour la sexualité sans tabou ni complexe et la liberté d'être qui l'on veut. Parmi les coups de génie narratifs, on retient aussi les design des "bears" (ce sont des vrais ours), la "revisite" (euphémisme) du labyrinthe de Shining où le jeune garçon ne doit pas s'approcher des parois car "c'est dangereux" (on en rit encore en l'écrivant :

ce sont des paires de fesses qui dépassent des buissons, et demandent "b**se-moi...".

C'est ultra-débile, donc on a ultra-ri), le "kiffeur" (vive les gens qui puent des yep : vous voyez, on a nos admirateurs secrets en ce monde), et la ministre Christine Bayer, un combo de Christine Boutin, la "dame à l'ouverture d'esprit d'une huître pas fraîche" qui a voulu interdire les mariages gays, et des labos Bayer qui ont jeté la faute du sang contaminé au VIH directement sur les gays. Ah, d'emblée, on veut qu'elle en prenne plein la tronche, juste pour le principe. Heureusement, les réalisateurs ont regardé Dragon Ball Z, et ont eux aussi le goût d'un final aussi impressionnant que libérateur. Tout, absolument tout en Jim Queen est un délire en rose bonbon et musique d'aérobic qui préfère faire hurler de rire plutôt que de colère, et il a mille fois raison : laissez la haine aux gens sans intérêt, vous méritez plutôt la méga fiesta ultra-colorée et vivante qu'est Jim Queen. En fin de séance, l'ambiance de la salle est celle d'un pub bouillonnant à 5h du matin : 2000 personnes se lèvent pour gueuler des mots d'amour et applaudir comme une seule paire de mains manucurées, on fait de même en essuyant une larme d'hilarité. En ce mois des Pride, peu importe que vous soyez "de la commu" ou pas, enfilez votre plus belle tenue serrée à la raie, et venez bouger en cadence sur les musiques et couleurs pétillantes de cette comédie ultra feel-good.

Aude_L
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Festival de Cannes 2026

Créée

le 15 juin 2026

Critique lue 88 fois

Jim Queen

Jim Queen

2

BigDino

le 23 juin 2026

Suivre

bobof

Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel. Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma. Pourtant, les retours sont souvent...

Jim Queen

Jim Queen

8

Sergent_Pepper

le 6 juil. 2026

Suivre

Le gay savoir

Le cinéma se vit en salle : le petit phénomène autour de la première projection de Jim Queen en séance de minuit lors du dernier Festival de Cannes en témoigne. Euphorique, délirant, trash et camp,...

Jim Queen

Jim Queen

9

cadreum

le 4 juin 2026

Suivre

Le gros banger

Dans le paysage de l'animation mondiale, la représentation gay reste une affaire de marges - clins d'œil périphériques, personnages secondaires tolérés, ou dans les meilleurs cas, une inclusion sans...

Close

Close

9

Aude_L

le 29 mai 2022

Suivre

Ma Palme d'Or 2022

Lukas Dhont a vraiment l'art de choisir ses vedettes principales, on l'avait remarqué avec Girl (dont Victor Polster était l'âme pure), et ce Close nous le confirme avec ce jeune Eden Dambrine qui...

The Substance

The Substance

9

Aude_L

le 28 mai 2024

Suivre

Notre Palme d'or 2024 !!!

On sortait de plusieurs drames "qualitatifs mais pompeux" (on va le dire poliment) dans ce Festival de Cannes 2024, alors quand vous vous asseyez en bout de rangée (Team Last Minutes), et que le papy...

The French Dispatch

The French Dispatch

7

Aude_L

le 29 juil. 2021

Suivre

Un tapis rouge démentiel

Un Wes Anderson qui reste égal à l'inventivité folle, au casting hallucinatoire et à l'esthétique (comme toujours) brillante de son auteur, mais qui, on l'avoue, restera certainement mineur dans sa...