Une histoire engagée et qui survit à ses clichés.

Aller le voir au cinéma est une belle expérience ! Au bout d'une minute ou deux on se dit déjà qu'on va voir partir certains ou certaines qui n'auraient pas fait attention à ce qu'ils allaient voir, seulement attirés par l'étiquette Festival de Cannes.

Le film rentre directement dans les clichés, et aussi, disons-le, dans le vulgaire, voire le sordide. Le sexe, le sexe, le SEXE, dès le début. Bref, tout l'univers fantasmé de la culture gay. Tout en 5 minutes, un défilement quasi pornographique... sauf que personne n'y est maltraité, et c'est pour mieux briser la glace.

Le film prend son élan directement, pour arriver très haut à la fin, dans sa liberté de ton et dans la scène de lutte qu'il choisit de nous montrer à la fin. C'est bien au delà de ce qui acceptable habituellement en société et cela permet de parler sans détours de la culture gay, et de la façon avec laquelle le reste de la société la voit.

Car c'est un film de présentation de cette culture, à la découverte de plusieurs genres, de groupes à l'intérieur de cette communauté. Cette approche par étiquette peut faire penser à une mauvaise blague, un regard surplombant de magazine, mais elle sert à dresser un constat : les différentes franges de la communauté gay ont du mal à se parler et à vivre ensemble. La culture LGBTQIA+ n'est pas unifiée, et rien que dans le "G" il y a toute une diversité qui ne se parle pas.

C'est pour cette raison que le deuxième levier fonctionne aussi bien : le film réussit à montrer les dérives de ces communautés, la drogue, l’obsession du corps, et finalement le jugement alors que la tolérance devrait être son cœur. Mais elle critique encore plus sévèrement le pouvoir en place, homophobe, violent, réactionnaire, qui est la vraie cause de ces dérives.

La critique est très franche et prépare au mieux le message : la bienveillance, tout simplement, et vu comme tout cela se termine ça n'a rien de si cucul.

Alors dans cette grande parade le film se blesse parfois avec les clichés qu'il remue. Les hétéros sont caricaturés à l'extrême, et surtout, il n'y a que le G qui compte dans ce film. Lesbiennes, Bi, Trans, Queer... ne sont pas inclus.

Mais le film s'en sort en l'assumant : il ne parlera que du monde gay, car il y a trop à dire, et parce qu'il faut déjà bien travailler son sujet. Cela reste une faille, mais reste à savoir surtout s'il en parle bien. Trop de temps est-il accordé aux clichés ? Une chose semble sûre, le message réussit à se faire une place, clair et tranché, tout ce qu'on attend d'un cinéma engagé.

Noleon-Kaeland
8
Écrit par

Créée

le 28 juin 2026

Critique lue 13 fois

Jim Queen

Jim Queen

2

BigDino

le 23 juin 2026

Suivre

bobof

Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel. Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma. Pourtant, les retours sont souvent...

Jim Queen

Jim Queen

8

Sergent_Pepper

le 6 juil. 2026

Suivre

Le gay savoir

Le cinéma se vit en salle : le petit phénomène autour de la première projection de Jim Queen en séance de minuit lors du dernier Festival de Cannes en témoigne. Euphorique, délirant, trash et camp,...

Jim Queen

Jim Queen

9

cadreum

le 4 juin 2026

Suivre

Le gros banger

Dans le paysage de l'animation mondiale, la représentation gay reste une affaire de marges - clins d'œil périphériques, personnages secondaires tolérés, ou dans les meilleurs cas, une inclusion sans...

L'Objet du délit

L'Objet du délit

8

Noleon-Kaeland

le 7 juil. 2026

Suivre

Le message inquiète jusqu'à la fin et c'est tant mieux !

Le film ne se commente pas lui-même, il laisse le spectateur juger seul. Que c'est désagréable ! Mais que c'est essentiel aussi !Souffrir pendant une heure de voir Agnès Jaoui se donner elle-même le...

Le Nom de la rose

Le Nom de la rose

8

Noleon-Kaeland

le 6 juin 2026

Suivre

Une enquête policière originale et qui passe un message utile.

Le tout début fait douter. La qualité d'image est un peu vieillotte, les environnements et le sujet semblent austères. Mais très rapidement l'histoire devient prenante. Dans ce contexte médiéval, on...

Plus fort que moi

Plus fort que moi

9

Noleon-Kaeland

le 18 avr. 2026

Suivre

Un film qui a quelque chose à dire, à transmettre, et c'est beau à recevoir.

Gardez-vous un moment où vous êtes prêt émotionnellement, le film est demandant au moins sa première demie-heure. Mais pour l'effort réalisé, vous repartirez avec votre pesant d'amour !Je mets...