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Jim Parfait, musclor iconique de Paris, voit ses abdos disparaître un à un. Atteint d’un étrange mal qui « l’hétéroise », il devra compter sur le frêle Lucien, son plus fidèle follower, pour espérer trouver un remède.
Voici l’un des très rares films à avoir fait plier en deux, voire en quatre, la Croisette en 2026. Ce dessin animé, non destiné aux enfants ni aux esprits sentant le renfermé, est une explosion de gags souvent hilarants, qui dynamitent aussi bien la pop culture et les mangas que les débats politisés ou les classiques de chez Disney. Écrit par un duo mixte, il jongle joyeusement avec les clichés : les hétéros se résument au foot, à la bière et aux claquettes‑chaussettes, tandis que les homos, incapables de comprendre le hors‑jeu, s’étripent au micro sur du Céline Dion. Quant à la nouvelle IST, elle a pour conséquence l’annulation des concerts de Lady Gaga, une vague de fashion faux‑pas, une pénurie de stewards et un mariage inattendu entre Ricky Martin et Kristen… Stewart.
Il faut s’accrocher pour tout saisir et accepter l’initiation de Glamydia la marraine afin de distinguer, dans ce nouveau lexique, les gym queens, bears, twinks, kiffeurs, drags et bien d’autres. Dans cette communauté arc‑en‑ciel qui prône l’inclusivité, le mélange des couleurs n’a pourtant rien d’évident, et le jugement radical des corps et des poils engendre de véritables castes. Imbu de lui‑même, intransigeant avec les autres, Jim est plus toxique que parfait et devra apprendre la bienveillance au contact de Lucien, enfermé dans le placard par sa mère ministre.
Dans son délire graphique pas toujours très fin, la satire sait aussi se montrer grinçante en abordant des sujets troubles comme le chemsex, les thérapies de conversion inversée ou la « gaystapo ». Par la voix de Philippe Katerine dans le rôle d’une prostate magique, le message passe avec doigté, tel un suppositoire.
(7/10)
@cinefilik.bsky.social
Créée
le 5 juil. 2026
Critique lue 11 fois
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