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le 23 juin 2026
Suivrebobof
Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel. Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma. Pourtant, les retours sont souvent...
C’est ce qui s’appelle une énorme surprise! Il faut avouer que ce film d’animation tricolore avait fait forte impression au dernier Festival de Cannes. Depuis, le buzz a fait son chemin avec un joli succès critique et d’estime ainsi qu’un beau box-office en salles pour ce type de productions difficile à distribuer et vendre au public. D’ailleurs, il est certain que ce dessin animé très queer à l’esthétique de manga japonais et plus spécialement destiné aux adultes n’était pas forcément une production attendue et vouée au succès. Plutôt un film de niche comme on dit. Alors certes, ce n’est vraiment pas pour tous les publics et peut-être davantage orienté pour le public gay, qui y verra plus de références, mais - si l’on est ouvert d’esprit - c’est une sacrée tranche de folie et de rigolade sur une petite heure et demie qui passe à une vitesse folle. Juste une chose, n’y amenez pas des personnes trop jeunes, des spectateurs fermés d’esprit ou un public homophobe, cela risque de choquer ou d’agacer. En comparaison concernant le coté décomplexé, c’est dans la même veine que l’excellent film d’animation américain « Sausage Party », mais encore plus cul, cru et osé.
« Jim Queen » entend moquer et/ou parodier et/ou tourner en dérision tout le microcosme gay parisien et ses travers. Plus particulièrement les penchants communautaristes gays et les étiquettes qui vont avec comme le clubbing, la salle de sport, les spots de dragues, entre autres. Il est donc entendu que le film ne traite qu’une petite partie des gays, ceux que l’on voit le plus dans les médias, ceux qui sortent en club, sont autocentrés sur leur physique et adeptes des excès en tous genres. En quelque sorte, ceux de cette communauté qui entre dans les clichés et la caricature et peuplent un certain imaginaire collectif. Il manque d’ailleurs peut-être un petit commentaire en filigrane précisant que le film n’entend pas représenter tous les homosexuels de la planète mais si l’on a un minimum de recul et de jugeotte on s’en doute. Oui, le film entend tordre et s’amuser avec les clichés (plus ou moins avérés) de ce milieu en les exagérant, les extrapolant de manière plus ou moins poussée. Et tout le monde en prend pour son grade, avec un humour ravageur, pas mal de piques mais aussi de la bienveillance, sans jugement.
Certains devraient se retrouver là-dedans et ne pas apprécier mais c’est ce qui plaît aussi dans « Jim Queen ». C’est que, par le biais de l’animation, il s’autorise tout et n’épargne rien ni personne. L’adage selon lequel on peut rire de tout avec les bonnes personnes s’applique ici à merveille. Et si ce film d’animation atypique écorne le communautarisme présent dans une même communauté (les twinks, les bears, les gym queen, etc), il se moque aussi des clichés inhérents à ladite communauté avec leurs codes et des règles parfois ridicules. Il n’hésite pas à singer l’addiction à la salle, au sexe et même aux drogues. Le film fonce dans tout, ose tout, avec joie et fracas et c’est purement et simplement jubilatoire. Le long-métrage va aussi plus loin en nous inventant un simili Didier Raoult et une Christine Boutin d’opérette, qu’il malmène avec joie tout en proposant une satire acerbe de l’industrie pharmaceutique et de certains politiciens ultra-conservateurs ou du public de La Manif pour Tous. En plus d’un fond social, voilà donc une œuvre qui tire à boulets rouges sur tout en n’oubliant pas d’être politique.
Cependant – et c’est encore plus surprenant – il y a beaucoup de tendresse et une jolie histoire d’amour là-dedans. On est surpris de s’attacher à ces personnages de dessins animés, vulgaires de prime abord et totalement superficiels. Les seconds couteaux comme la meilleure amie, la drag-queen ou le concurrent sont bien croqués et nous font rire à gorge déployée. Car oui on rit beaucoup avec « Jim Queen », bien plus que dans la plupart des comédies actuelles. Et comme le film s’autorise tout, que c’est trash, sans concessions, parfois très vulgaire, on plussoie. Le rythme échevelé des péripéties ne nous laisse pas une minute de répit. Que ce soit la « chems » party ou le lieu de cruising dans un parc, même les moments les plus sexuels parviennent à nous amuser tellement c’est retranscrit avec une bonne dose de véracité trempée dans l’humour. Il y a une idée à la minute, que ce soit dans les dialogues, les situations ou même dans un coin d’écran via le graphisme. C’est franchement bien trouvé, maitrisé et clairement amené à devenir culte. Un petit bijou d’animation pour adultes, extrême, généreux, fou et, surtout, à mourir de rire et qui, délivre heureusement – in fine – un beau message de tolérance. À ne pas louper.
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Créée
le 16 juil. 2026
Critique lue 4 fois
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