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le 23 juin 2026
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Dans le paysage du cinéma d'animation français, Jim Queen fait l'effet d'une déflagration pop et bienvenue. En s'emparant d'un pitch décalé au possible (la propagation de « l'Hétérose », un virus transformant la scène gay parisienne en parfaits hétérosexuels), Marco Nguyen et Nicolas Athane réussissent le pari d'une comédie décomplexée, hilarante et d'une remarquable acuité sociale.
Sous ses airs de cartoon adulte au style visuel élastique, jubilatoire et joyeusement régressif, le film livre une observation d'une grande précision sur la communauté queer. Traité de l'intérieur, sans condescendance ni discours moralisateur, le récit transforme la déchéance de son héros en miroir grossissant des diktats contemporains. Quand l'Hétérose fait fondre les abdos de Jim, ce n'est pas seulement son orientation qui vacille, mais tout son statut social fondé sur le culte du corps, la tyrannie des réseaux et la hiérarchie des apparences.
La force narrative repose alors sur le contraste savoureux entre cette icône dégonflée et Lucien, jeune admirateur encore en retrait qui apprend à s'affirmer à ses côtés. C'est dans ce parcours croisé, porté par un équilibre réussi entre vannes crues et vraie sincérité, que le film trouve son émotion. On retient aussi une autodérision féroce à travers des trouvailles absurdes comme la « Gaystapo », illustration jouissive des mécanismes d'exclusion qui peuvent s'immiscer au sein même d'un groupe opprimé.
Assumé de bout en bout, porté par un rythme effréné et un humour sans filtre, Jim Queen s'impose comme une excellente surprise : une œuvre satirique piquante, humaine et profondément rafraîchissante.
Créée
le 27 juil. 2026
Critique lue 2 fois
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