William Goldman demeure l’un des plus grands scénaristes américains. À son palmarès figurent notamment All the President's Men, Misery ou encore The Princess Bride. Le voir associé à Simon West, artisan musclé de The Expendables 2, ainsi qu’à Jason Statham avait donc de quoi intriguer. Sur le papier, la rencontre entre le polar noir désabusé et le cinéma d’action brut pouvait susciter une certaine curiosité. À l’écran, pourtant, la greffe ne prend jamais vraiment.
Le film tente d’installer une atmosphère de néo-film noir dans les lumières artificielles de Las Vegas, tout en ménageant les traditionnelles scènes de baston dont Statham a fait sa spécialité. Mais l’ensemble demeure coincé entre deux intentions : trop mécanique pour être un véritable drame noir, trop apathique pour fonctionner comme un pur film d’action.
L’intrigue suit un joueur compulsif qui croise la route d’une ancienne amante, agressée par un mafieux local. Chargé de retrouver le coupable afin qu’elle puisse assouvir sa vengeance, le personnage s’enfonce dans une histoire qui ne parvient jamais à gagner en tension ni en épaisseur. Les enjeux restent superficiels, les dialogues sonnent creux et même la violence semble exécutée par automatisme.
Le film n’est jamais totalement désagréable à regarder — le charisme rugueux de Statham suffit parfois à maintenir l’attention — mais il se révèle surtout vain. Comme si le scénario de Goldman, pourtant signé par une légende du métier, avait été vidé de sa substance au profit d’un thriller interchangeable. Une rencontre ratée entre deux univers qui, au lieu de se compléter, finissent par s’annuler mutuellement.