Junk Head est une forme d'art brut cinématographique, conçue en très grande partie par seulement un homme et une femme autodidactes, qui réalisent un travail que des dizaines de techniciens surqualifiés accompliraient normalement sur plusieurs mois. Ce qui ne quitte jamais le format court-métrage et les salles des projections Labo de Clermont-Ferrand se retrouve à arroser les sièges des UGC pendant 1h40, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur : on voit et entend des choses que personne n'est sensé endurer sur une si longue durée, résultant de l'incompétence du réalisateur en technique et de l'absence de contribution experte, créant un immense malaise en accord avec la direction artistique -mais qui parfois surprend avec des moments de génie. Le pire : mêmes arguments, mais en plus la piste suivie par le film n'est pas si intéressante qu'aurait pu l'être n'importe quel autre film de SF abordant la dualité corps/esprit, se perdant dans des histoires potaches servant simplement à cadrer un univers très rapidement défini, ce qui prouve que le scénario demande aussi une certaine forme de connaissance technique. Même si le film rebute par énormément d'aspects, c'est agréable d'avoir un autre genre de bouses dans des cinémas mainstream parfois. Et juste pour ça, ça vaut le coup de le voir.