Clairement, c'est offert. Plus de la moyenne pour cette Renaissance "scénaristiquement épuré" si l'on veut être poli ou d'une vacuité intersidérale si l'on veut être, c'est donné.

Mais que voulez-vous, il y a des dinosaures tout neufs, de grands anciens... et des mutants qui font de la peine.

On peut reconnaître à Gareth Edwards d'avoir réalisé un blockbuster qui rempli les cases : c'est rythmé, c'est pas compliqué, ça ne prend pas de risque et ça fait son petit spectacle. Il sait de plus faire de la belle image et c'est véritablement la grande (et la seule) qualité du film. Pour une fois un blockbuster de plus de 2h où ça peut aller, on ne s'ennuie pas (trop).

On est cependant un peu ennuyé par beaucoup d'autres choses (enfin AMHA).

La moins pire, c'est la volonté d'éviter les risques et pour ce faire JWR (tiens, les initiales de Jurassic World, ce sont aussi celle des témoins de Jéhovah en anglais) emprunte allègrement au premier et surtout au dernier Jurassic Park (le 3), n'hésitant pas à parfois s'approcher du copier-coller, pas simplement en réinvitant les stars de ces derniers (mais un peu quand même) mais en usant des mêmes mécaniques (une famille qui ne souhaite pas être là, des histoires de bateaux et de rivières, des situations cocasses) mais bon ça c'est un peu l'histoire du Jurassic Resort, on reprend les mêmes et on en redemande, le petit soucis, c'est qu'ici, ce n'est presque que ça.

L'autre moins pire, c'est le casting. Les deux têtes d'affiches font à peine le job avec un Mahershala Ali à contre emploi et une Scarlett Johansson qui cabotine et s'amuse comme dans un parc d'attraction (remarquez, ça fait sens), Jonathan Bailey est correct mais c'est surtout la petite famille qui s'en sort et à qui on s'attache.

Non, la (les) petite(s) chose(s) qui font tiquer, c'est le scénario et tous les éléments qui l'accompagnent.

Entre l'introduction hilarante qui en devient choquante à coup d'emballage de snickers (ou était-ce un bounty ?) et la note d'intention pour aller se balader sur une île sous forme d'excuse, le démarrage annonce de mauvais présages.

Et ils sont confirmés dès qu'un personnage ouvre la bouche :

Les échantillons de reptiles terrestres, marins et aériens (l'armée recruterait-elle ?), le métier légal/illégal honnête/malhonnête de Scarlett et sa bande de mercenaire/pacifiste (des jours après, je suis encore en train de me demander ce qu'ils font vraiment, sans doute des chefs de projet).

Parlons-en un peu plus en détails de cette belle bande de mercenaire, apparemment d'ancien.ne.s militaires qui ont fait des guerres, hanté.e.s par des syndromes post-traumatiques... et qui, pour ce que l'on en sait, savent essentiellement faire de la varape, obtenir leur BAFA et avoir leurs permis bateaux et hélicos.

Ce dont on est sûr en tout cas, c'est que tous ces anciens militaires ne savent pas viser et protéger leurs arrières. Leur plus grand dilemme durant ces deux heures sera de savoir si en tant que mercenaire, elle et ils vont penser à l'argent avant tout ou bien devenir bénévole pour le bien de l'humanité après avoir subit 3/4 de pertes.

Et ne parlons pas plus du reste, tous les échanges ou presque sont assez mal écrits et l'humour, quand il intervient, est plutôt de l'ordre du comique de situation et, heureusement, ça fonctionne (ça au moins).


C'est assez étonnant comment ce Jurassic World Renaissance arrive à se présenter comme une antithèse de son prédécesseur, Jurassic World Le Monde d'après qui, pour le coup, avait d'excellentes idées, un scénario bourré de chouettes pistes (rarement bien exploitées certes) mais en revanche était catastrophique en matière de rythme et d'image.

Là, cette Renaissance n'offre pas grand chose à ce mettre sous la dent en matière de récit mais propose une nouvelle île et de belles scènes, JWR finit par être un spectacle honnête mais toujours pas un bon film.


Ah, il y aussi cette histoire de dinosaures mutants, oui, c'est censé être LA nouveauté mais tout le monde semble s'en foutre.

Personnellement, je sais pourquoi moi je m'en tamponne parce que des dragons, c'est pas des dinosaures et je n'aime pas être trompé sur la marchandise et l'éléphantesque dinosaure brumeux me fait plus de peine qu'autre chose.


Ceci étant, vivement le prochain.

Yoann_O_Bedlam
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le 3 août 2025

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Yoann O'Bedlam

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