Personnellement j'avais apprécié la première partie du sixième opus (enfin bon il faudrait que je le revois) mais clairement la 2eme moitié du métrage commençait à sentir le cadavre de la franchise.


J'allais tout de même à la séance de ce Jurassic World 4 plutôt confiant suite à la bande annonce et au nom de Gareth Edwards.


Ce 7eme opus commence d'ailleurs bien (je dois d'ailleurs être le seul à avoir adoré la première scène, certe illogique mais très drôle en mode destination finale et ensuite l'apparition du logo avec un Gros son digne des très vieux films des années 50)


Il a indéniablement de nombreuses bonnes idées hélas jamais exploitées et il est tiraillé entre deux récits qui ne réussissent jamais à cohabiter. (Défauts déjà présent dans Jurassic park 2 comme le fait aberrant que Julianne Moore garde une veste pleine de sang alors quelle avait dit précédemment que le T-Rex avait un odorat sur développé/ et les transitions entre les mercenaires et "la famille" était aussi sacrément abruptes/ de même des scènes de tension commençait puis se finissait de manière abruptes pour recommencer sans justification (le gars perché dans la nacelle qui indique que les T-Rex sont partis mais là scène d'après les T-Rex sont bien là à pousser la caravane....))



Enfin bon revenons à cet opus où Les deux intrigues principales sont trop déconnectées. Elles auraient pu se répondre, se croiser, créer des ponts émotionnels pour finir par s'entremêler mais elles se développent en parallèle, sans jamais s’enrichir l’une l’autre.



On a d’un côté une équipe de mercenaires, avec Scarlett Johansson et Mahershala Ali, envoyée sur une île pour une mission de prélèvement d’échantillons sur trois dinosaures.



De l’autre, une famille avec un père divorcé, ses deux filles et le petit ami de la fille aînée. Ils partent en mer pour un voyage censé les souder avant le départ de cette dernière pour ses études.


Aucune passerelle ne les relie, alors que de nombreuses occasions sont présentes dans le scénario : le divorce de Mahershala Ali fait écho à celui de l’autre famille ( la perte de son enfant aurait par exemple pu de manière naturelle le rapprocher de la petite fille).



Scarlett aurait pu incarner une figure de femme forte, justifiant la prise de risque de l’enfant pour ouvrir la grille, son désir de sauver cette famille aurait pu être appuyé par son refus de perdre de nouvelles personnes comme elle a perdu son coéquipier.


Le Dr Loomis, lui, aurait pu devenir un lien entre les deux groupes en partageant son savoir sur la faune et la flore…


De nombreux personnages sont hantés par la perte, la séparation… mais ces thèmes sont à peine effleurés.


Les traumas personnels (le coéquipier de Scarlett, l’enfant de Mahershala, les tensions familiales chez le père) sont évoqués de façon artificielle, parachutés dans des scènes mal intégrées, insipides, qui tombent à plat.


Aucune émotion, aucune construction, aucune interaction palpable. Même la pseudo-romance entre Scarlett et Henry Loomis n’est jamais développée ( alors qu’une scène entre deux dinosaures géants qui se câlinent aurait pu servir de contrepoint thématique intéressant) Rien n’est exploité.


Même constat pour les idées de fond :

-La cohabitation inter-espèces ? Annoncée très rapidement, mais absolument jamais développée.

-Les expériences scientifiques sur les dinosaures accouchant de monstruosités ? Même pas survolées.

-Le temple ancien ? Simple décor.

-un avion perché dans un arbre ? Seulement là pour récupérer un flingue...


Et que dire du traitement de Scarlett, censée être le personnage principal : elle est présentée comme une mercenaire n’agissant que pour l’argent, sauf que tout ce qu’on voit à l’écran contredit cette caractérisation.


Le seul personnage à peu près consistant, avec un minimum d’évolution et de profondeur, c’est (très étonnamment) Xavier, le beau-fils adolescent.

D’abord présenté comme immature et fainéant, il se voit obligé de faire face à ses responsabilités, de plonger à pieds joints dans le monde adulte. Il aurait pu avoir un arc fort, mais il manque une scène clé (la mort du beau-père blessé, qui aurait dû se sacrifier) pour conclure son évolution. Cela aurait permis qu’il se prenne définitivement en main, et qu’il forme enfin une famille soudée, mature, prête à se protéger mutuellement avec sa compagne et la sœur de sa compagne. Le scénario frôle quelque chose de fort… mais ne va jamais au bout.


Visuellement, le film est décevant. C'est bien beau de Tourner en 35 mm pour essayer d’avoir un grain, une patine “années 90”, mais il faut que le reste suive (éclairage/photographie/effet spéciaux/mise en scène...)

Ce n'est pas le cas ici, certe quelques scènes surnage (3 en tout il me semble) mais globalement ça manque presque tout le temps d’épique, d’iconisation, d’inspiration pour nous emporter. La musique ne nous emporte jamais et le thème de john williams en devient parodique tellement il a été usé jusqu'à la moelle.

La mise en scène, sauf rare exception est globalement plate mais elle n'est pas aidé par une implication émotionnelle du spectateur jamais


J’ai, à plusieurs reprises, trouvé les effets spéciaux mal intégrés. Certaines incrustations sont peu crédibles, la photographie paraît parfois franchement terne, la définition de certaines scènes, de certains dinosaures, franchement mauvaise (pas toujours heureusement comme le T-Rex vraiment bien)


Bref, je sentais qu’il y avait du potentiel mais il a été gâché par un scénario qui prend les mauvais chemins après chaque bonne idée. Rien n’est peaufiné que ce soit dans le fond ou dans la forme.


Une vraie déception : 5/10, uniquement parce que je ne peux pas mettre moins à un film de dinosaures.

Mais mon cœur penche clairement vers un 4/10, tant je l’ai regardé avec un ennui poli… et aucune étoile dans les yeux.



Matpalala
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le 4 août 2025

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