Karaoké serait une belle parce que simple histoire d’amitié s’il s’était affranchi d’un discours social sur la rencontre de deux milieux opposés, l’un au service de l’autre, à grands renforts de clichés et de facilités qui le font chanter faux en permanence. Car on ne croit pas un seul instant en une Michèle Laroque diva, qui se livre à une prestation risible en play-back, pas davantage en une Claudia Tagbo chantant pendant le ménage dans les chambres d’un luxueux complexe hôtelier : la joie de vivre se prétend satirique à mesure que le récit raccorde la première à son humanité et la seconde à ses rêves inespérés mais demeure inoffensive, sinon complaisante dans les stéréotypes reconduits. Dommage, car une réelle énergie se dégageait des deux comédiennes, qu’une approche documentaire aurait certainement mieux retranscrite.