Kill
6.2
Kill

Film de Nikhil Bhat (2023)

Film de pif paf plutôt sympathique, en tout cas jamais chiant, mais franchement dispensable. C’est réalisé par Nikhil Nagesh Bhat, un type que je connaissais pas, et c’est avec Lakshya et Raghav Juyal, deux autres types que je ne connaissais pas non plus. Bon, le principe est plutôt fun : une quarantaine de bandits enavhissent un train pour le dépouiller intégralement, sauf que parmis les passagers, y’a deux types des forces spéciales. Y’a aussi une romance histoire de motiver tout ça mais on s’en fout un peu. Très vite ça part à la bagarre, pour ne plus jamais s’arrêter. Enfin si, à la fin le film s’arrête, mais il aura fallu passer par 1h45 de bourre pif et de coups de schlasses énergiques, et parfois légèrement gore histoire de pimper des combats secs et plus « réalistes » que ce que l’on peut généralement voir dans cette industrie… mais du coup plutôt répétitifs. Alors, rapidement ces vélléités « réalistes » m’ont posé quelques soucis, parce qu’en s’affranchissant ainsi d’une l’approche plus fantasque de la bagarre, on se retrouve face à un souci de crédibilité. Je peux accepter beaucoup de choses si les combats son0t stylisés et surréalistes, mais dans le cas de Kill, j’ai du mal à accepter qu’après 250 grosses patates dans la gueule, le héros continue d’arborer une bouille plus fraîche que celle que je dois trimballer le matin quand je me lève. De plus, lorsque je me coupe un doigt avec une paire de ciseaux, je me retrouve dans un bain de sang, ici, non seulement le héros est poignardé une bonne trentaine de fois, mais dans chaque wagon t’as une flopée de brigands qui se sont fait planter de diverses manières. J’aurais donc aimé que le film prenne en compte la conséquence de sa violence, et j’aurais aimé voir des visages tuméfiés et des litres de sang par terre. J’aurais bien aimé voir les mecs galérer avec leurs petites baskets détrempées de sang, glisser et patauger dans leur soupe d’hémoglobine. Du coup, la chorégraphie de la bagarre a beau être énergique, je ne crois jamais vraiment à la violence de la proposition. C’est extrêmement sage alors du coup, les effusions gores, plutôt que de renforcer la violence du spectacle, m’ont plutôt emporté sur le chemin du burlesque. Loin d’être la folie de violence qu’on nous promettait, c’est un spectacle bourrinorigolo assez gratos, loin de la brutalité et de la sauvagerie de ce qu’on a pu voir dans certains films violents, notamment dans le sud du pays.

Reste que Nikhil Nagesh Bhat se débrouille plutôt bien pour filmer son truc en restant (quasi) constamment dans ses wagons et que le film est assez plaisant à suivre. En fait, la grande bonne idée de Kill tient surtout sur ses méchants, une grande famille de brigands qui, rapidement, se retrouve éplorée, dévastée émotionnellement, par l’inéluctable massacre de tous ses membres. Pour moi c’est vraiment l’intérêt du film et ce qui a maintenu mon attention tout du long. On ne sait pas grand-chose d’eux, on n’aura ni motivation, ni flashbacks explicatifs sur leur action et c’est très bien comme ça. A la tête de cette bande hirsute de bad boys hétéroclite composée de cousins, d’oncles et de frangins, dont une bonne partie semblent dépassés par les évènements, il y a Raghav Juyal, impérial, bien plus charismatique que le super militaire - personnage assez fadasse, sans surprise et plutôt chiant. L’interprétation de Juyal, mais également la façon dont le perso a été écrit, les relations qu’il entretient avec le patriarche de cette bande de voleurs, est clairement la grande réussite du film.

Bon, maintenant j’aimerais voir un remake tamoul de ce Kill, juste pour imaginer 40 gros barbus armés d’aruvals, ça serait tellement mieux que le remake US qui sera réalisé par le tâcheron de John Wick. Un remake qu’on peut déjà oublier car on sait déjà qu’il lui manquera tout ce qui rend ce Kill sympa et qu’il tentera de sauver les meubles par une surenchère ridicule et sans intérêt. En attendant, si vous aimez les chorégraphies rigolotes à base de couteaux et la romance ferroviaire, Kill est un petit plaisir sympa, mais cependant bien inoffensif.

MelvinZed
4
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le 28 juil. 2024

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Melvin Zed

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5

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