Kill List est un film qui m’a plu, même s’il ne m’a pas autant marquée que d’autres œuvres du même genre. Il installe une ambiance lourde et inquiétante, où l’on sent très vite que quelque chose ne tourne pas rond, sans jamais nous laisser vraiment comprendre où l’on met les pieds.
Jay est un personnage difficile à apprécier. Il est lâche, impulsif, injuste envers sa femme, et surtout totalement aveuglé par sa colère. Pourtant, c’est aussi ce qui le rend intéressant : il n’est pas seulement un homme violent ou détestable, il devient peu à peu une figure tragique. On le voit commettre des erreurs, choisir les mauvaises réponses et s’enfoncer dans une violence qui existait déjà autour de lui, mais pour laquelle il finit aussi par prendre une place entière.
Le film montre alors un personnage pris dans une situation qui le dépasse, sans pour autant le présenter comme innocent. Jay est entraîné par les choix des autres, par son passé et par un monde déjà brutal, mais ce sont aussi ses propres décisions qui accélèrent sa chute. Il pense agir pour protéger sa famille, alors qu’il participe lui-même à ce qui la met en danger.
J’ai particulièrement aimé cette impression de fatalité. On comprend assez tôt que rien ne pourra réellement bien se terminer, et le film ne cherche pas seulement à surprendre : il nous fait assister à une destruction progressive. Jay devient presque monstrueux, mais sans être réduit à un monstre. Il reste un personnage pour qui l’on ressent de la pitié, comme dans une tragédie où l’on voit quelqu’un perdre tout ce qu’il possède à cause de ses propres défauts.
La fin m’a moins surprise qu’elle ne m’a laissée triste à l’avance. Ce n’est pas tant le choc qui m’a marquée que le sentiment que tout était déjà écrit, et que Jay avançait vers cette catastrophe sans parvenir à s’arrêter.