Bienvenue dans le premier concert animé de K-pop déguisé en film de fantasy urbaine (en gros BlackPink vs BTS version démon). Et pour être clair : ce n’est pas un reproche. KPop Demon Hunters est une œuvre taillée au scalpel pour sa cible, calibrée, marketée, stylisée jusqu’à l’os — une machine de guerre qui parle plus à la fanbase qu’au cinéphile lambda, mais qui le fait avec un certain panache.
Avant d'attraper ma veste, ne suivant que de loin le mouvement Kpop, j'ai cité ses deux groupes car ce sont les plus connus du grand public qui ne suit pas spécialement le mouvement Kpop-comme moi- mais qui sait que côté girls band et boys band ce sont les numéros 1. J'ai appris que ce sont bien Jeongyeon, Jihyo et Chaeyoung du groupe TWICE -rival de BlackPink- qui signent la BO, avec en point d’orgue deux titres bien efficaces : Takedown et Golden. Oui, ça claque, ça pulse, ça donne envie de bouger la tête même quand le scénario te donne une envie sourde de lever les yeux au ciel.
Car oui, le scénario… On est dans le cliché le plus assumé : une bande de jeunes chasseuses de démons issues d’un girlband qui cachent leur activité secrète sous des paillettes, des refrains calibrés et des chorés millimétrées. Et c’est rempli jusqu’à la gorge de bons sentiments : tolérance, acceptation de soi, vivre ensemble, sororité, etc. Rien de bien subtil, mais ce n’est pas non plus une trahison de son ADN. KPop Demon Hunters ne prétend pas être autre chose que ce qu’il est : un teen movie survolté sous amphèts coréennes.
L’animation ? Très correcte. Fluide, colorée, punchy. Il y a un vrai effort de stylisation, avec des combats dans des néons pastel et des transformations dignes d’un croisement entre Sailor Moon, Kill Bill et un clip de de groupe de Kpop (Twice et cie). Mais faut se calmer, sérieusement. Ce n’est pas Into the Spider-Verse. Ce n’est pas Arcane. Ce n’est pas Le Chat Potté 2. Y’a un décalage entre les envolées dithyrambiques des stans et la réalité de ce qui est, au mieux, une animation cool mais balisée.
Alors pourquoi 6/10 ? Parce que malgré tout, ça fonctionne. Ça ne m’a pas ennuyé. C’est peut-être une vitrine commerciale, un jukebox scénarisé, un PowerPoint géant sur la puissance de la K-pop… mais c’est divertissant, propre, rythmé, sincèrement investi dans sa mission. Si t’es allergique à la K-pop, tu vas saigner des yeux. Si t’as un faible pour les magical girls, les demons, les messages de body positivity et les refrains entêtants… fonce.
Un film fait par la K-pop, pour la K-pop, mais avec assez de cœur pour que même les sceptiques y trouvent un groove temporaire.