L'Abandon
6.3
L'Abandon

Film de Vincent Garenq (2026)

Vous n'aurez pas ma liberté de penser !

Film sobre sur la "banalité" des événements qui ont précédé la mise à mort d'un être humain, projeté dans une profonde solitude.

Vincent Garenq (entretien affiché dans mon cinéma favori), explique comment est né son projet du film.

["Comme la plupart des français, j'ai vécu le choc, la sidération à l'annonce de l'assassinat de Mr Paty. Derrière l'effroi collectif, il y avait une histoire et que cette histoire, une véritable tragédie jusque dans ses ressorts, devait être racontée...Après, on ne sait jamais vraiment pourquoi on se lance dans un film. On a une intuition, une envie et on la suit. C'est en le faisant qu'on découvre les raisons profondes de pourquoi on fait le film. Ce qui m'a inspiré très vite, c'est cette dramaturgie naturelle, ces unités de temps, de lieu et d'action, cette impression d'un collège assiégé, cette dimension kafkaïenne. Tous ces élèments réels étaient très cinématographiques. Ces enchaînements d'évènements, ces liens de cause à effet assez sidérents qui ont conduit à cette catastrophe et que peu de gens connaissent..Il me semblait nécessaire de les raconter. Et il y a aussi l'humanité de tous ces personnages qui ont soutenu Samuel Paty : La principale et son adjointe, la gardienne du collège, des profs, ces familles musulmanes..

Il parle de l'engrenage qui met largement en cause les réseaux sociaux, de l'éducation nationale représentée dans le film par le personnage référent laïcité, se montrant d'une tiédeur asssez stupéfiante..

L'Enquête de l'IPGN, la Police des Polices, a mis en lumière une quantité de dysfonctionnements assez graves..

Du début à la fin, on a le sentiment presque organique d'être dans la peau de Samuel Paty..

La seule audace que je me suis permise, c'est la scène inaugurale où je le fais parler..

Si le film ne revendique aucune prise de position et veut s'en tenir aux faits, pourquoi ne pas avoir choisi la forme documentaire? Qu'apporte le film ici?

Le réalisateur répond : Il fait ressentir et laisse place à l'émotion. Il permet d'incarner Samuel Paty, d'intégrer son point de vue, de s'identifier à lui, de ressentir ce qu'il a pu vivre. La force du cinéma et de la fiction c'est de rendre la réalité de Samuel Paty sensible et concrète, de la faire éprouver à hauteur de spectateur, dans ce qu'elle a de plus humain..

Aucune famille ne s'est interrogée sur le sujet du film?

Lors des essais, j'ai pris soin d'écrire une lettre aux enfants et aux parents pour leur expliquer mes intentions sur le film. Tous ont été rassurés et se sont pleinement engagés dans le projet.

J'avais envie de faire un film de réconciliation et d'entrer dans cette France du milieu devenue moins audible et pourtant si largement majoritaire, cette France mélangée, tolérante et républicaine...Tout le contraire de ce que les extrémistes essaient de nous conter. C'est ce message positif et d'espoir que porte le film, visant tous les publics..J'aimerais que ce film fasse réfléchir les jeunes, qu'il les change, qu'il interroge leurs rapports aux réseaux sociaux, aux rumeurs "]

Voilà une partie de l'entretien du réalisateur (je ne peux pas tout noter ici, j'ai conservé le principal).


Ayant supprimé ma critique initiale par inadvertance, je tiens à dire que les intentions de Vincent Varenq sont réussies.

Bien que l'on sache l'issue de ces 11 jours interminables, quotidiens, presque "banals", en tant que spectateur, l'on reste sous tension tout le long du film.

Pour ma part, j'ai oscillé entre émotion et colère, laquelle m'a permise de contenir les larmes.

Antoine Reinartz (connu pour "Des Vivants" sorti en 2025, entre autres) est absolument à saluer, tout en retenue, puis se voutant peu à peu, comme pris au piège d'un engrenage infernal. Il s'est excusé mais rien n'y a fait. Il n'a pas voulu exercer son droit de retrait (suggéré par Mme la proviseur, incarnée par Emmanuelle Bercot, laissée, elle aussi, à l'abandon, avec tout le poids de ces évènements montés en épingle sur les réseaux sociaux.

J'ai trouvé qu'en aucun cas, le réalisateur ne montrait ni de "bons" musulmans, ni de "mauvais" musulmans. Il filme des parents, avant tout, leurs réactions, leur emballement suite aux mensonges persistants de la jeune fille, exclue du collège, pour des raisons d'absentéisme, de comportement etc..

Il filme "flouté" l'assassin du professeur et la fin abominable, qui dépasse l'entendement, sans s'apesentir..Ce qui renforce le sentiment d'effroi du spectateur.

Quelques plans d'une salle de classe vide, juste avant les vacances de la Toussaint, une élève qui revient chercher son écharpe oubliée sur sa chaise, un collège presque "banal" au sein duquel personne ne s'attendait à autant de haine ultime..

Heureusement que la salle où je me trouvais, n'a pas applaudi, après un tel visionnage, le silence était de mise et plus approprié.


De quel droit, au nom de quoi un être humain peut-il, à notre époque, être tué, décapité à l'arme blanche?, pour avoir osé montrer des caricatures de Charlie à ses élèves, après un cours la veille, sur la liberté d'expression, afin de les faire s'exprimer sur leur ressenti.

En France, la caricature journalistique existe depuis le 17è siècle, a connu un essor au 18è siècle.

Doit-on revenir à des siècles en arrière?? Franchement??

Et je rajouterais que des élèves "offusqués", regardent bien pire sur les réseaux sociaux (viols et Cie) et ce dès l'âge de 10/11/12 ans, la faute à qui?

La dernière personne guillotinée en France l'a été à l'âge de 28 ans, le 10 septembre 1977, après un "parcours" de viol, proxénétisme, tortures et homicide volontaire sur femme(s).

La peine de Mort a été abolie en 1981 en France.

Alors, voudrait-on revenir à l'échafaud où l'on coupait la gorge à des interpelés sur la place publique?

Je l'ai trop à coeur, et le (re)dis: pendant ce temps, une fillette de 5 ans, un bébé de 3 mois violés par des "ordures" qui écopent de sursis et/ou de bracelet électronique. Quelle aberration!

Il serait temps de se réveiller, non?

Devons-nous nous taire encore longtemps?

Et je tiens à préciser que je ne fais aucun amalgame. Résultat du procès en appel : 3/4 ont vu leur peine réduite, les 2 jeunes ayant fourni au tueur, du « matériel », l’ayant véhiculé non loin du collège, tout en connaissant son intégrisme, sa radicalité… leur peine respective passe à 8 et 7 ans ferme pour chacun. Ils ont donc été condamnés pour association de malfaiteurs, sans que soit retenu le terrorisme…à méditer…Je pense au fils se Samuel, 5 ans, au moment des faits, ayant assisté avec sa famille, au procès. Lui, a pris perpétuité sans père de ses 5 ans jusqu’à la fin de sa vie ( il était donc nécessaire de montrer la jolie relation père/fils, dans le film, le temps d’une histoire racontée avant de dormir ou à un moment de partir ensemble de la maison pour se rendre à l’école, puis au collège.) Prochainement, avec les remises de peines, ces deux jeunes ayant aidé l’assassin de Samuel Paty, j’espère pour le fils de ce professeur qu’il aura pu être éloignée du lieu du drame et donc de son lieu d’habitation avec son père. Et s’il ne faut pas montrer de caricatures religieuses à l’école de la République, pour ne pas offusquer les élèves, mentir au gamin de Samuel restera inconvenant (vu qu’il a déjà assisté au procès à 9 ans et est déjà au courant de la raison pour laquelle son père a été sauvagement assassiné sur le sol français!). Lui, les verra forcément un jour ou l’autre, à moins qu’il ne les ai déjà vues. De quoi réfléchir non? Quant à l’ado affabulatrice, laquelle a réitéré ses mensonges pour se protéger de la colère parentale/ son éviction du collège pour problème de comportement, irrespect, absentéisme etc, elle a eu beau jeu de venir à la barre, comme témoin, devenue une jeune adulte de presque 18 ans..expliquant ses mensonges, avec de la répartie face à ses avocats et magistrats, ayant attendu la fin du procès en appel pour s’excuser surtout auprès de son père, la partie civile et pleurer Enfin ! Voilà ce qui me choque: 2 morts, Mr Paty et son assassin mandaté, recruté par plus haut après emballement des réseaux sociaux, des remises de peine, un enfant privé à vie de son père et des sœurs, de leur frère et toute une famille de Mr Paty.. Dans l’espoir que rien n’aboutira en cassation !

Et tant qu'à faire, je dédie ce film également à Dominique Bernard, professeur de français, assassiné à Arras en 2023..

PassionArt7
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le 22 mai 2026

Modifiée

le 29 mai 2026

Critique lue 68 fois

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