C'est Jean-Paul Salomé (celui d'Arsène Lupin ou des Femmes de l'Ombre ou encore de la Daronne) qui s'est emparé de l'histoire vraie de Ceslaw Jan Bojarski, un immigré polonais des années 50 au retour de la guerre, qui fut sans doute le plus grand faussaire de tous les temps.
Le film est de facture très classique, académique, qui soigne la reconstitution de l'époque (celle des années 50 puis 60). Un film appliqué et très explicatif.
Mais ce film un peu longuet est extrêmement fidèle à l'histoire vraie et notamment celle des deux protagonistes : le faux-monnayeur est incarné par Reda Kateb, impeccable, et le flic à ses trousses, le commissaire Mattei, par un étonnant Bastien Bouillon.
Kateb/Bojarski était un inventeur (ses inventions évoquées dans le film sont réelles), un véritable artiste et faussaire de génie qui fabriqua, seul dans son atelier au fond du jardin, ses propres machines et son propre papier et réalisa pas moins de trois billets de banque différents au fil du temps, plus réussis que les vrais.
Le générique de fin présente quelques images vraies de Bojarski dans son atelier : le film (et l'acteur !) s'y sont conformés de manière assez stupéfiante.
Au-delà de cette surprenante histoire, le film n'a guère d'originalité sauf peut-être dans la relation de cet "artiste" avec le flic qui lui court après ou avec son épouse (Sara Giraudeau).