Il y a une grâce infinie dans ce film à la fresque gigantesque, d'une Italie baroque, religieuse, rurale, de la fin du XIXe siècle. Film dans la même lignée que Pelle le conquérant, tout aussi magnifique.
Ermanno Olmi filme la vie passée avec un réel désarmant. Les enfants, partout, tout le temps, sont mis en valeurs par des images à couper le souffle. Des plans à la profonde esthétique, qui donnent vie encore plus profondément dans les paysages de terre, dans des champs jaunes, gris.
Il y a une grâce infinie dans la pudeur des émotions, dans ces deux amants où tout le désir passe par leur seul regards. Tout du long, presque aucun mots n'est dit entre la femme et le jeune homme. Et la seule musique de Bach, récurrente tout du long, accentue encore plus la beauté du film, la fine grâce, la parcelle des sentiments non dits. Les sentiments se taisent ou sortent par le regard et pourtant tout autour les enfants cris, la lumière illumine les vies des familles. On vit avec ses tripes, entièrement, et malgré la profonde pauvreté de ses paysans qui tentent de vivre, a aucun moment il n'y a de l’apitoiement. La vie est filmée entière, simple, sans jugement, sans parti pris. Ermanno Olmi dépeint alors une fresque historique qui n'a pas d'égale.
Un film plein, entier, tant par sa fresque historique désarmante et profondément réelle, que par son esthétisme baroque, aux images magnifiques.
Et pour cela, tant ce film est gigantesque, ce n'est pas étonnant qu'il est eu la palme d'or.