Voir le film

Il y a une grâce infinie dans ce film à la fresque gigantesque, d'une Italie baroque, religieuse, rurale, de la fin du XIXe siècle. Film dans la même lignée que Pelle le conquérant, tout aussi magnifique.
Ermanno Olmi filme la vie passée avec un réel désarmant. Les enfants, partout, tout le temps, sont mis en valeurs par des images à couper le souffle. Des plans à la profonde esthétique, qui donnent vie encore plus profondément dans les paysages de terre, dans des champs jaunes, gris.

Il y a une grâce infinie dans la pudeur des émotions, dans ces deux amants où tout le désir passe par leur seul regards. Tout du long, presque aucun mots n'est dit entre la femme et le jeune homme. Et la seule musique de Bach, récurrente tout du long, accentue encore plus la beauté du film, la fine grâce, la parcelle des sentiments non dits. Les sentiments se taisent ou sortent par le regard et pourtant tout autour les enfants cris, la lumière illumine les vies des familles. On vit avec ses tripes, entièrement, et malgré la profonde pauvreté de ses paysans qui tentent de vivre, a aucun moment il n'y a de l’apitoiement. La vie est filmée entière, simple, sans jugement, sans parti pris. Ermanno Olmi dépeint alors une fresque historique qui n'a pas d'égale.
Un film plein, entier, tant par sa fresque historique désarmante et profondément réelle, que par son esthétisme baroque, aux images magnifiques.
Et pour cela, tant ce film est gigantesque, ce n'est pas étonnant qu'il est eu la palme d'or.

Créée

le 22 févr. 2015

Critique lue 582 fois

Lunette

Écrit par

Critique lue 582 fois

4

D'autres avis sur L'Arbre aux sabots

L'Arbre aux sabots

L'Arbre aux sabots

8

Sergent_Pepper

3176 critiques

Les champs magnifiques

Lorsqu’un film s’attache à restituer fidèlement la réalité, on parle de sa dimension réaliste ; si elle influe sur la matière même du récit dont on épure la valeur romanesque, on évoquera sa part...

le 14 juin 2018

L'Arbre aux sabots

L'Arbre aux sabots

8

Morrinson

2180 critiques

Chroniques paysannes

C'est la mort de sa grand-mère, au milieu des années 60, et surtout des notes de ses grands-parents sur lesquelles il tomba en 1976 qui poussa Ermanno Olmi à écrire et réécrire le sujet de L'Arbre...

le 25 juin 2020

L'Arbre aux sabots

L'Arbre aux sabots

9

Thaddeus

369 critiques

Les travaux et les jours

Le passage d'une année. Les quatre saisons. Des journées claires, ensoleillées, lumineuses. Des nuits froides et sombres. La pluie. La neige. Des brumes matinales. Un bébé naît. Des ouvriers...

le 5 juil. 2015

Du même critique

Ma vie de Courgette

Ma vie de Courgette

9

Lunette

107 critiques

De la pâte à modeler qui fait pleurer

La question, d'emblée, se pose : comment trois bouts de pâte à modeler peut bouleverser à ce point le petit cœur du spectateur ? Comment une tripotée de grands yeux d'enfants fatigués et dépressifs...

le 27 oct. 2016

Bagdad Café

Bagdad Café

8

Lunette

107 critiques

Lumineuse ironie

Bagdad Café ou l'histoire d'une époque, de celle défroquée d'une Amérique souillée, paumée, au comble de l'absurde. C'est ce café qui ne sert plus de café parce que l'un des mec a oublié de racheter...

le 18 mai 2016

Taxi Driver

Taxi Driver

10

Lunette

107 critiques

La radicalité d'un monde

D'abord, la nuit. La nuit avec ses rues glauques, ses voitures balayant les jets d'eau venus nettoyer les vitres sales. D'abord, la nuit. Avec ses putes à tous coins de rues, ses camés, drogués,...

le 2 mars 2015